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Regain de la ferveur religieuse en Tunisie

Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis

La Tunisie post-révolutionnaire connaît une renaissance de la religion après que les restrictions à la liberté de culte aient été levées après la chute de Ben Ali.

[Monia Ghanmi] Le nombre de fidèles assistant aux prières dans les mosquées de Tunisie s’est multiplié après la révolution.

Les mosquées de Tunisie reçoivent aujourd’hui un nombre exceptionnellement élevé de fidèles, issus de toutes les classes sociales et de tous les courants de pensée, après que toutes les restrictions à la pratique de la foi eurent été levées au lendemain de la chute de l’ancien Président Zine El Abidine Ben Ali.

« Les gens doivent pouvoir se consacrer à leur foi librement, sans restriction ni surveillance », a expliqué Hadi Meftahi à Magharebia. « Il est temps que nous respections la légitimité de la religion et mettions en oeuvre les règles de l’Islam dont nous avons été privés en Tunisie, selon les préceptes du Coran. »

La mosquée Al-Fateh dans le centre de Tunis a accueilli des foules de Musulmans venus assister aux prières de vendredi dernier, le 11 février. Les fidèles étaient si nombreux que certains ont dû faire la prière dans les rues conduisant à la mosquée. Cette foule était un signe évident de l’esprit de liberté qui prévaut après la révolution tunisienne.

« L’ancien régime exerçait de fortes pressions sur la religion et les Musulmans, sans même parler d’une surveillance sécuritaire très stricte des mosquées », a expliqué Taoufik Mzoughi. « Il utilisait le discours et les préceptes religieux comme des outils de propagande à ses propres desseins, et s’affichait comme le défenseur de la patrie et de l’Islam. »

Néanmoins, Mzoughi a expliqué que les Tunisiens étaient parvenus à préserver leur foi. « Ce qui incite à l’optimisme, ce sont les foules de jeunes qui viennent à la mosquée, bien qu’ils aient grandi sous le règne de Ben Ali. Mais ils s’accrochent aux bases de la véritable foi, ainsi qu’à leur identité islamique. »

Pour sa part, Mokhtar Hedhli a ajouté : « Les sermons du vendredi ou les sermons prononcés lors des fêtes religieuses avaient un caractère restraint, stéréotypé et dicté par l’Etat. Ils n’avaient rien à voir avec la vie des gens ni avec les préoccupations de la jeunesse, pas plus qu’avec les changements qui ont modifié le pays et le monde extérieur. C’était des suppliques pour le Président, et une forme de propagande pour son régime, notamment lors des élections. »

« Ces trois dernières semaines, nous avons senti que les imams instillaient un nouvel esprit dans leur discours religieux, qui correspond aujourd’hui aux changements survenus dans notre patrie. Il favorise les faits de notre foi et ses véritables notions », a-t-il ajouté.

Lors de son sermon du vendredi, Sheikh Noureddine Khadmi, imam de la mosquée Al-Fateh et professeur à l’université Ez-Zitouna, a parlé des libertés et de la manière de les préserver.

« Le discours religieux a connu un changement radical en termes de contenu et de style », a expliqué l’imam Khadmi, ajoutant que « l’Islam est une religion de dévotion, de paix, de simplicité et de réaffirmation. Ce n’est pas une religion de l’extrémisme, contrairement à ce que certains laissent entrevoir. Il a été révélé pour le bien-être de l’humanité et pour répandre les véritables valeurs de justice entre les gens. »

Les mosquées se conforment encore aux heures d’ouverture officielles adoptées précédemment, n’ouvrant qu’au moment des prières et refermant leurs portes dès que les prières sont dites.

Omar Sedri a expliqué qu’elles doivent rester ouvertes en permanence, de manière à pouvoir jouer leur rôle de lieux de culte et de plateformes d’éducation des jeunes générations. Il a également affirmé que le vendredi devrait être le jour férié de la semaine, plutôt que le dimanche, de manière à ce que tous les citoyens puissent assister aux prières.

http://www.magharebia.com/

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