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Table ouverte à la mosquée pour le ramadan

Lætitia VOLGA

La mosquée d’Angoulême sert les repas de rupture du jeûne pendant le mois du ramadan. Ce moment de partage est ouvert à tous, en particulier aux plus démunis.

L\'année prochaine, les femmes pourront cuisiner dans une pièce deux fois plus grande. Elle est actuellement en cours de travaux. Photos Quentin Petit

L’année prochaine, les femmes pourront cuisiner dans une pièce deux fois plus grande. Elle est actuellement en cours de travaux. Photos Quentin Petit

Ça sent bon dans la cuisine de la mosquée d’Angoulême, rue de la Charité. Une dizaine de femmes cuisinent, des mères au foyer et beaucoup de retraitées. Les unes coupent les légumes pour la soupe, d’autres s’occupent de roussir la viande. Dans l’espace réduit, on peut aisément se marcher sur les pieds. Mais comme elles sont organisées, les préparations avancent lentement mais sûrement.

Pendant le ramadan, le rituel est chaque jour le même. Les femmes du quartier se retrouvent à la mosquée pour préparer l’iftar, le repas de rupture du jeûne. Bénévoles, elles prennent de leur temps pour préparer de bons petits plats pour les personnes seules, célibataires ou étudiants.

Aujourd’hui, le menu est copieux: une soupe de légumes, un tajine tunisien (une quiche sans pâte, à base de viande, d’oeufs et de curcuma), de la choukchouka (une ratatouille relevée à partager dans un même plat) et de la viande d’agneau accompagnée de salsifis.

Cette rupture du jeûne à la mosquée a été mise en place l’année dernière. «Une des bénévoles a vu à la télévision que cela existait ailleurs», explique Zoulikha, la coordinatrice du groupe.

Pratiqué par 80 % des musulmans, le ramadan revêt une importance bien particulière.«On se doit de penser davantage aux pauvres et de les aider. Grâce aux aumônes des fidèles, on peut offrir un tel service gratuitement», déclare Kader Bouazza, président de l’Association des musulmans de Charente.

Entre les débuts du projet et aujourd’hui, le nombre de bénévoles a doublé. Et vient qui veut, selon ses disponibilités. A travers les assiettes, on voyage dans différents pays d’Afrique – Soudan, Algérie, Maroc ou Sénégal. Pour les femmes, c’est l’occasion d’apprendre de nouvelles recettes, de partager un moment entre amies et d’aider les autres.

Un dîner ouvert à tout le monde

Et où sont les hommes pendant ce temps-là ? À la maison pour beaucoup. Ils ne prennent le relais qu’une fois les marmites pleines, en assurant le service du soir. A ce moment-là, les femmes rentrent chez elles se reposer… et préparer le repas de leur famille. «On cuisine pour les nécessiteux et après pour notre foyer. Au moment de casser le jeûne, on reste chez nous en famille.»

Le soir venu, la mosquée se remplit pour la quatrième prière de la journée. Celle qui a lieu à la tombée du soleil. Les bénévoles masculins ont déjà dressé les deux longues tables dans la salle à manger.

Après la rupture du jeûne, avec une datte et un verre de lait, une douzaine d’hommes se mettent à table. Des jeunes, des vieux, que des hommes. «À la mosquée, les hommes et les femmes sont toujours séparés, rappelle Mohamed, de l’Association des musulmans de Charente. Si des femmes veulent venir manger, on mettra une table dans leur salle, mais il n’y a pas de demande.»

Moussa est à Angoulême depuis un an. Il a trouvé à la mosquée une nouvelle famille.«Le repas du ramadan a une autre signification et je préfère venir à la mosquée le partager», explique le jeune Comorien.

Il n’y a pas que les musulmans qui peuvent venir souper à la mosquée. Tout le monde est bienvenu. Si quelqu’un est dans le besoin, «on va l’accueillir», souligne Mohamed.«C’est l’esprit du ramadan.»

http://www.charentelibre.fr/

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