L’Egypte choisit l’islam plutôt que l’armée
Natalia Trouiller
Entre la société islamique promise par les Frères musulmans et la continuité de l’ère Moubarak souhaitée par l’armée, les Egyptions ont choisi. La minorité chrétienne prend acte d’une situation qui pour l’instant ne bouleverse guère son quotidien, ni en mieux ni en pire.
Mohammed Morsi, le nouveau président égyptien. © DR
EGYPTE: MGR PACÔME FELICITE M. MORSI
Dans un communiqué paru peu après l’annonce officielle des résultats, Mgr Pacôme, qui assure l’intérim à la tête de l’Eglise copte en attendant l’élection du prochain pape, a « félicité » le candidat islamiste pour sa victoire à la présidentielle. Des félicitations purement diplomatiques, montrant que les coptes souhaitent respecter le jeu démocratique et ne pas entrer frontalement en conflit avec le pouvoir islamiste.
> Mais la presse a annoncé que Mohammed Morsi aurait déclaré, en marge d’une rencontre des membres de son parti que, dans la nouvelle Egypte dirigée par les Frères musulmans, les chrétiens devraient « se convertir à l’islam, payer l’impôt réservé aux infidèles ou quitter le pays« . Le président a depuis démenti cette assertion rapportée par El Bashayer, et promis aux femmes et aux chrétiens le plein accès à leurs droits, ajoutant que « les coptes seront représentés en tant que conseillers au sein du bureau du président, et peut-être même aurons-nous un vice-président copte, si c’est possible« .
> Quelles que soient les intentions réelles des Frères musulmans à l’endroit des chrétiens, la victoire de Morsi ne change guère le sort de la minorité copte dans une Egypte musulmane. Et l’échec de Morsi n’aurait sans doute pas amélioré les choses pour eux. Le Christian Post rapporte ainsi cette phrase d’un responsable chrétien, à qui l’on demandait pour qui il voterait, le candidat islamiste ou le candidat de l’armée: « L’un nous offre du poison dans une tasse, l’autre dans une cuillère« . Lire la suite…



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