Halal : L’UAM93 lance le label Halal Verif


Par Catherine HEURTEBISE
À l’occasion de Halal Expo, le leader algérien du surgelé annonce son implantation en France, avec une gamme halal 100% production française.

Koft, entreprise leader sur le marché algérien des produits surgelés (*) vient d’annoncer, à l’occasion de Paris Halal Expo (les 9 et 10 avril, son implantation en France. La marque lance une gamme une gamme de produits surgelés halal mais aussi de produits frais couvrant la boucherie, la charcuterie, les plats cuisinés et les pizzas.
Koft a fait le choix de s’approvisionner et de faire fabriquer ses produits exclusivement en France. les produits sont certifiés par l’Association Rituelle de la Grande Mosquée de Lyon. Koft sera présente à la fois en grande distribution, dans le commerce traditionnel et dans la restauration hors domicile. Dans le contexte du scandale de la viande de cheval, la marque propose aux consommateurs une solution de traçabilité en ligne pour chaque lot commercialisé et une transparence totale sur le processus de fabrication.
Koft cible les Musulmans de France et plus largement tous les consommateurs soucieux de l’origine des produits et exigeants sur la traçabilité des étapes du processus de production. La marque vise également les marchés d’export (autres pays d’Europe et Moyen-Orient notamment).
Le marché français des produits halal est estimé à cinq milliards d’euros (source Cabinet Solis). Il poursuit son essor en termes d’offre produits et de référencement notamment en GMS.
(*) Koft, fondée en 2006, emploie 140 collaborateurs et a réalisé en 2012 un CA de 10 millions d’euros pour 70% de parts de marché annoncées. La marque est distribuée sur l’ensemble des 48 wilayas du territoire algérien.
http://www.e-marketing.fr

Viande halal. (CAPMAN/SIPA)
Au regard de l’islam, le terme « halal » désigne littéralement tout ce qui est licite pour le musulman. Dans la pratique, l’adjectif « halal » concerne généralement les aliments autorisés aux fidèles. Les viandes de tous les ovins, bovins, caprins et camelins sont admises, mais aussi celles de cheval, de volaille et de lapin. Tout ce qui provient de la mer est également toléré.
Le halal s’oppose à ce qui est « haram », c’est-à-dire tout ce qui est interdit au musulman, comme la viande de porc.
Pour qu’une viande soit déclarée halal, et donc propre à la consommation pour les musulmans, elle doit provenir d’une bête abattue selon une méthode rituelle précise, baptisée la « dhabiha ». En France, la « dhabiha » repose sur un certain nombre de principes :
Benjamin Roger – Le Nouvel Observateur
http://tempsreel.nouvelobs.com

Guy Traumat, le président de la communauté de communes du Confolentais (à gauche), a annoncé l’arrivée de nouveaux clients pour l’abattoir.. PHOTO/Photo archives CL
Deux mille tonnes la première année, quatre mille en perspective pour 2014. C’est Noël à Pâques pour l’abattoir de Confolens. Au pied du sapin printanier, un contrat avec la société Sovialim. Une entreprise de Guéret dans la Creuse, grossiste en viande halal pour les boucheries et la grande distribution. »Nous sommes en phase de lancement, indique Mustapha Masri, le P-DG de l’entreprise familiale. Deux mille tonnes, c’est ce qu’il nous faut au minimum pour démarrer en étant crédibles sans chambouler l’organisation de Confolens. »
L’annonce de ce contrat salvateur pour l’abattoir en difficulté chronique a été faite jeudi soir en conseil de communauté de communes (CDC) par Guy Traumat, le président de la CDC. D’habitude prudent, l’élu avait le sourire, le boulet que constitue l’abattoir pour les finances de la communauté s’allégeant soudainement. Cerise sur le gâteau, le contrat qui sera signé dans les prochains jours engage les deux parties pour dix ans. Début de l’activité prévue dès la fin du mois.
Espoirs et inquiétudes
« Cette société aura un siège secondaire à Confolens », explique Guy Traumat. De quoi conforter les 32 emplois d’une structure qui a dangereusement tangué ces derniers mois, au point de procéder à 5 licenciements. En 2012, Confolens a abattu 8 500 tonnes de viande, contre 9 900 en 2011. Une chute d’activité de 14% qui a fait craindre le pire pour la structure. « Sovialim va donc représenter 20% de notre activité », reprend Guy Traumat, qui a toujours en tête les 441 000 euros de déficit cumulé de l’abattoir à la fin 2012.
Sovialim arrive donc comme un sauveur. Qu’il faudra accueillir – c’est dans le contrat – en procédant à quelques aménagements mineurs dans l’outil de travail – à hauteur de 10 000 euros – pour respecter les règles de l’abattage rituel. »Ces aménagements n’auront aucun impact sur l’organisation de l’abattage pour la clientèle actuelle », assure Guy Traumat.
À Confolens, on est ravi de la concrétisation d’un tel contrat. Mais une crainte apparaît: que l’activité halal fasse naître polémiques et cris d’orfraie. « Des associations se font un malin plaisir de contrer ce genre d’activité, sans même savoir pourquoi », regrette Didier Vial, le directeur de l’abattoir. Il croise les doigts.« Pour nous, c’est une aubaine. Ça conforte notre activité, les emplois. J’espère que ça va bien se passer. »
Car en France, alors que cette économie est en plein boom, le débat autour du halal vire souvent à l’hystérie. Une hystérie qui a atteint son paroxysme lors de la dernière campagne de la présidentielle avec la polémique lancée par Marine Le Pen. La présidente du Front national avait affirmé que toute la viande abattue en Ile-de-France était halal et que le consommateur était trompé. Un soupçon vite éteint, d’autant que les abattoirs d’Ile-de-France produisent moins de 5 000 tonnes de viande par an. C’est-à-dire deux fois moins que le seul établissement de Confolens.
Didier Vial, qui espère bien que sa structure sera épargnée par toute polémique de cet ordre, a déjà des clients qui lui réclament du halal. Les filières sont séparées. Chaque méthode a sa traçabilité.
Retour à l’équilibre?
« Notre activité se fait en toute transparence, rassure d’ailleurs Mustapha Masri, le P-DG de Sovialim. Tout ce que nous faisons se fait en accord avec la loi. Il n’y a rien d’extraordinaire. »
Propriétaire avec ses frères de boucheries à La Roche-sur-Yon (Vendée), Guéret et Montluçon (Allier), Mustapaha Masri, 36 ans, complète avec Sovialim l’éventail de son activité. « Nous serons grossiste pour des boucheries et la grande distribution. Aujourd’hui, il y a une demande et nous allons essayer d’y répondre. »Mustapha Masri lance tout juste cette branche. Sovialim, qui commandera à Confolens de la viande bovine, caprine et ovine, n’a été inscrite que le 25 mars dernier au registre du commerce de Guéret.
Pour Confolens, l’heure des vaches maigres pourrait donc appartenir au passé. D’autant que jeudi soir, Guy Traumat a annoncé une seconde bonne nouvelle: une entreprise, cliente actuelle de l’abattoir, a un flux d’activité « bovin » avec une filiale du groupe Leclerc en Bretagne spécialisée dans l’abattage, la découpe et la transformation de produits carnés. Dans un souci de diversification de son approvisionnement, cette société pourrait faire affaire avec Confolens. Elle a déjà procédé à un audit de l’abattoir et des tests vont suivre. « C’est en bonne voie », se contente de dire Guy Traumat qui livre quand même un chiffre: le tonnage atteindrait 2 000 tonnes pour Confolens. Avec, si tout va bien, un début d’activité dès cet automne. De quoi entrevoir un résultat pour l’exercice 2013 à l’équilibre, voire même positif, ce qui n’était pas arrivé depuis des années.
L’abattage halal implique d’abord d’égorger un animal vivant. C’est souvent le principal sujet de polémique. L’animal doit être « saigné », c’est-à-dire égorgé. Ses artères carotidiennes et ses veines jugulaires doivent être finement et nettement tranchées en laissant sa moelle épinière intacte. Par ailleurs, sa tête doit être tournée vers La Mecque lors de l’abattage. Enfin, la viande halal ne doit ensuite plus être en contact avec une autre viande.
Quatre embauches à Ruffec
À chacun sa recette pour sauver sa tête. L’abattoir de Ruffec, qui a fini l’exercice 2012 avec un déficit cumulé de 1 162 000 euros, a dégainé le premier avec Sodiporc. La PME angoumoisine a signé un engagement administratif de 2 200 tonnes minimum et un engagement d’exploitation de 5 500 tonnes à l’année. Cet apport doit permettre de doubler le tonnage actuel de l’abattoir assuré à 83% par la société Lévesques (3 800 tonnes par an, essentiellement en bovins).
Sodiporc débute ses premiers tests la semaine prochaine. « Ils devraient commencer à abattre à la mi-avril avec une montée en puissance progressive », indique Bernard Charbonneau, le maire de Ruffec. La municipalité a engagé 600 000 euros d’investissements: 450 000 euros dans la remise en service de la chaîne « porcs » et 150 000 euros dans la remise aux normes sanitaires de l’abattoir. « C’est une grosse réhabilitation. On n’a pas le droit à l’erreur quand on s’engage », poursuit l’élu. Le conseil municipal de Ruffec a décidé de « mettre le paquet » en 2013 sur cet outil « pour sauver des emplois » et même en créer quatre nouveaux: des postes d’ouvrier.
L’abattoir, qui fonctionne toujours en régie municipale, compte désormais une trentaine de salariés.
http://www.charentelibre.fr
B.M.
Le PSG ne laisse rien au hasard. « Ouest-France » a dévoilé les consignes que laisse le club de la capitale aux hôtels qu’il fréquente lors de ses déplacements. Un cahier des charges draconien.Paris bannit ainsi de ses menus la margarine, la mayonnaise ou les fritures.
Le chef qui accompagne l’effectif professionnel supervise également les équipes locales pour vérifier que les pâtes sont parfaitement al dente. Le club demande que les viandes soient bio, les produits de la mer frais et que les œufs, bio également, soient pondus par des poules élevées en plein air. « Merci d’identifier et étiqueter chaque aliment du buffet afin que les joueurs puissent les identifier », indique également la note, qui précise : « Cinq de nos joueurs mangent exclusivement de la viande halal. Nous vous demandons de prévoir cinq portions de poulet halal et de bœuf halal pour notre séjour. »
La principale crainte du PSG semble être la consommation des légumes. « Ils doivent être l’objet de toute notre attention, car c’est dans ce groupe alimentaire que nos joueurs se fournissent le moins, souligne le PSG. Nous aurons besoin de votre soutien dans l’organisation de la salle et dans l’élaboration des menus afin d’encourager la consommation de ces produits. » L’alcool est bien évidemment interdit lors des repas, mais le club demande aussi que les minibars des chambres soient uniquement fournis en eau, jus de fruit ou sodas. Les joueurs peuvent en revanche profiter de fruits frais et coupés disponibles à tout moment près de leur lit.
http://www.leparisien.fr/
Écrit par Ilyess
Quelle est la portée des interdits alimentaires dans les textes bibliques et coraniques? Que signifie la saignée et comment expliquer les rites qui la caractérisent? Quelle valeur représente le sacrifice animal aux yeux de l’homme qui s’en nourrit?
Dans ce travail, de recherche rigoureux et accessible, Yahya Deffous ne se contente pas d’apporter des réponses à ces questions philosophiques, scientifiques et spirituelles fondamentales ; il propose au contraire à chaque lectrice et chaque lecteur de prendre part à une profonde réflexion.
Du fruit défendu aux interdits qui régissent le sacrifice d’animaux, cet ouvrage est un véritable document qui foisonne d’explications scientifiques, religieuses et historiques sur les liens entre alimentation, éthique et comportements humains.
L’auteur nous guide avec force et conviction sur les sentiers de la différence et nous conte, à la lumière de la bible et du coran, les pratiques d’abattage dans le judaïsme, dans le christianisme et dans l’Islam.
D’un regard sensible porté sur l’animal et exigeant porté sur l’homme, il interpelle nos propres consciences et notre sens de la responsabilité envers la bête sacrifiée devenue viande de consommation.
Yahia Deffous est docteur vétérinaire; Docteur en sciences (doctorat en physico-chimie biologique médicale et paramédicale à l’école vétérinaire d’Alfort-université de Créteil); Qualiticien auditeur qualité; Ancien vétérinaire de recherche de l’Ecole Nationale vétérinaire d’Alfort; Chercheur vacataire de L’INSERM, Vétérinaire de l’inspection vacataire à la direction départementale des services vétérinaires de l’EURE et LOIRE et des Yvelines; Directeur technique d’institut et de laboratoire a Saint Denis; Expert auprès du tribunal de Versailles.
La présence d’ADN de porc a été détectée dans des saucisses halal au poulet au menu d’écoles et de crèches dans le centre de Londres, ont annoncé jeudi les autorités locales.
Celles-ci avaient fait faire de leur propre chef des tests dans certaines cantines scolaires de l’arrondissement de Westminster, dans le sillage du scandale de la viande de cheval découverte dans des plats préparés, présentés comme étant au boeuf.
Aucune trace de cheval n’a été détectée, mais ces examens ont montré la possible présence d’ADN de porc dans des saucisses halal au poulet, confirmée ensuite par une deuxième série de tests.
«Les résultats ont confirmé aujourd’hui la présence de porc dans un échantillon de saucisses halal qui ont potentiellement été servies dans 19 écoles et crèches» où elles étaient proposées au menu, a expliqué dans un communiqué la municipalité.
Des traces d’agneau et de porc ont également été retrouvées dans du boeuf haché non halal utilisé par les cantines de 17 autres établissements du secteur.
Toute la viande livrée par le fournisseur incriminé a été retirée des cantines de l’arrondissement et une enquête a été ouverte.
«Nous sommes extrêmement préoccupés de voir qu’un de nos fournisseurs n’a pas obéi aux règles strictes auxquelles nous leur demandons de souscrire», a souligné la direction des services de l’enfance de l’arrondissement.
Une ligne téléphonique a été mise en place pour répondre aux inquiétudes des parents et la mairie a pris contact avec des représentants des communautés musulmane et juive.
http://www.liberation.fr/

En France, la majorité des produits estampillés halal ne répondraient pas aux critères de définition du label. Ces critères font encore débat notamment à cause des différences au niveau des processus et des moyens de contrôles mis en œuvre par les organismes de surveillance qui attribuent le label.
Le 16 janvier dernier, le site Débat Halal révélait être en possession de preuves accablantes contre un producteur alimentaire international. Les saucisses de volaille Herta, certifiée halal et commercialisée par Nestlé, contiendrait du porc, un aliment haram (interdit) pour les musulmans.
Une semaine après, alors qu’un premier test conduit par Herta n’avait rien révélé, les chaînes de supermarché comme Casino ont retiré les produits de leurs magasins pour effectuer leurs propres tests.
Mais il est acquis que certaines techniques de production actuelles, surtout dans le secteur de la volaille, sont particulièrement éloignées des règles du halal. Ainsi 90% de la volaille vendue sous le terme halal en France ne remplirait pas les standards. Standards qui varient eux-mêmes selon les entreprises et associations.
Interrogé par le Time, Abbas Bendali, directeur de Solis Conseil, une agence de consultation en marketing confie:
«La question du halal en France est supervisée par les trois mosquées influentes à Paris, Evry et Lyon. Chacune a ses propres critères, inspecteurs, sociétés et produits qu’elles approuvent ou non. La communauté musulmane est riche d’une mosaïque de coutumes, de goûts et d’habitudes. A moins d’unifier, de codifier et de réguler le système, le marché du halal français restera éclaté et ses règles obscures.»
Les accusations portées contre ces aliments auraient surtout servi de prise de conscience. Alors que la nouvelle avait immédiatement poussé les supermarchés à vider leur étagères, de nombreux musulmans se sont posés la question de la provenance de la nourriture halal.
Pour palier le manque de règles concernant le label, certains observateurs espèrent maintenant que les différentes associations de musulmans de France parviendront à se mettre d’accord sur un code unique pour le secteur de la nourriture halal, un des plus gros marchés de niche, selon le Time.
http://www.slate.fr/
- Un rayon de cosmétiques halal en Grande-Bretagne. REUTERS/Darren Staples. -
Nous mangeons tous halal ou cacher sans le savoir, et l’émoi suscité par cette révélation pendant la campagne présidentielle de 2012 n’y changera rien, car c’est toute la filière viande qui, par commodité ou simplement pour survivre, s’est «convertie» au tout-rituel. Ce qui n’empêche pas les consommateurs musulmans de se voir souvent proposer des produits qui n’ont d’halal que le nom… Voici quelques-uns des constats qui ont poussé le journaliste Michel Turin à enquêter sur le halal, extraits de son livre Halal à tous les étals, paru chez Calmann-Lévy.
Il y a encore une vingtaine d’années, les fidèles, français musulmans, ne mangeaient pas de porc, ne buvaient pas d’alcool et consommaient de la viande halal. Aujourd’hui, tout est halal dans leur vie ou presque.
Le halal n’est plus réservé à la viande. Le marché du halal s’est étendu par cercles concentriques aux produits alimentaires contenant de la viande ou des ingrédients issus de matières animales, puis aux produits non alimentaires et, enfin, aux services.
Le commerce halal offre aux consommateurs une quantité incroyable de produits et propose un assortiment stupéfiant qui n’existe dans aucun pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.
Fethallah Otmani, porte-parole de l’agence de certification AVS, un organisme réputé intransigeant qui s’assure dans les abattoirs que la viande halal est bien halal, explique:
«Les entreprises se sont rendu compte de l’impact du mot “halal”.»
«Ce n’est plus que du marketing», s’exclame-t-il. Pour lui, «tout cela n’a rien de religieux». «Ces opérations créent une ligne de démarcationsupplémentaire avec les autres consommateurs non musulmans», constate-t-il. Les entreprises françaises, conscientes ou inconscientes d’encourager un consumérisme discriminant, ont vu dans les interdits alimentaires de la religion musulmane une splendide opportunité commerciale. Les opérations de marketing ont récupéré les interdits confessionnels pour en faire des arguments de vente. Les entreprises ont vite compris que la mention halal rassurait le consommateur et provoquait l’achat.
Qu’est-ce qui est halal aujourd’hui? Apparu dans les rayons des grandes surfaces en septembre 2008 pour le ramadan, le Cham’alal n’a eu qu’une courte existence, mais elle est emblématique de la frénésie des acteurs de l’économie du halal. Il aurait pu reprendre à son compte le cultissime slogan publicitaire de la marque de soda américaine, Canada Dry, révélé dans les années quatre-vingt en France:
«Le Cham’alal avait la couleur du champagne, le goût du champagne, mais ce n’était pas du champagne.»
C’est bien d’ailleurs ce que, très vite, lui a reproché le Comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC). Le gardien du temple champenois n’a vu dans le Cham’alal qu’une contrefaçon de plus, sur les 800 à 1.000 qui occupent chaque année cinq juristes à temps plein faisant appel quand ils en ont besoin à une soixantaine de cabinets d’avocats. Le CIVC avait été insensible aux propos tenus par le créateur du Cham’alal au moment de son lancement:
«Dans la France traditionnelle, le champagne est utilisé pour célébrer des événements de façon ponctuelle. On peut penser que lechampagne halal aurait son utilité pour permettre à des individusmusulmans de partager sur le même lieu de convivialité avec des non-musulmans lors d’une fête ou d’une célébration.»
Le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’avait pas été davantage sensible au projet entrepreneurial.
Le quotidien Le Parisien daté du 25 septembre 2008 évoquait le «business plan» de Rachid Gacem. Ce chef d’entreprise d’une quarantaine d’années confiait alors espérer produire dans les deux années à venir cinq millions de bouteilles de Cham’alal, certifié par l’Institut islamique des viandes et de l’agroalimentaire à Bruxelles. A l’époque, la bouteille était vendue 5,90 euros chez Auchan et… 60 euros au Montecristo, un «lounge bar» branché sur les Champs-Élysées à Paris, et la marque devait être distribuée dans tous les Auchan de France, puis dans les Atac et les Monoprix avant la fin de l’année 2008.
Après avoir essayé en vain de convaincre les intéressés de débaptiser leur boisson, le CICV en avait été réduit à engager une action judiciaire pour «radier et cesser toute utilisation de la marque et du nom de domaine Cham’alal et obtenir le retrait des circuits commerciaux et la destruction de la boisson vendue sous cette dénomination». Le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 29 janvier 2009, condamnait la marque à renoncer à l’utilisation de la dénomination Cham’alal sous quelque forme que ce soit et à payer au comité des dommages et intérêts.
Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de champagne, qui a vu d’autres contrefaçons, avait du mal, cette fois-ci, à cacher son étonnement dans le quotidien L’Union daté du 5 janvier 2011, le journal qualifiant le Cham’alal de «jus de pomme pétillant»:
«Les produits halal ne peuvent être alcoolisés. Alors, détourner l’image du champagne pour un produit de ce type, c’est comme si unlait maternel se nommait champagne. C’est vraiment fort de café!»
Mais Rachid Gacem a de la suite dans les idées, comme tout chef d’entreprise vaillant. Chassé par la porte du marché des «boissons festives» (il a rayé de son vocabulaire l’appellation qui a été fatale à sa première aventure managériale), il rentrera par la fenêtre.
Cofondateur de Night Orient, «boisson festive pétillante sans alcool» lancée en novembre 2009 et produite en Belgique, à Liège, par la société Orient Drink, il confiait au site d’information Saphirnews le 30 décembre 2010 espérer vendre un million de bouteilles en 2012.
D’après la société Orient Drink, installée à Liège, «Night Orient est distribué dans douze pays et a été élu meilleur produit sans alcool à Dubai par un test consommateur et sélectionné comme meilleure innovation au Salon de l’alimentation (SIAL) de Paris 2010».
Mais toute ressemblance entre une bouteille de Night Orient et une bouteille de champagne s’arrête à la forme de la bouteille.
Le Night Orient était vendu 11,24 euros sur le site de la marque consulté le 5 juillet 2012. La «boisson festive» fait également partie d’un packaging très présent dans les points de vente halal ou dans les espaces halal des grandes surfaces. Le coffret prestige Night Orient Premium & Labeyrie réunit une bouteille de Night Orient Premium, un bloc Labeyrie halal de foie gras de canard et sa lyre (le trancheur à foie gras), vendu 43,99 euros.
Night Orient, comme il se doit, avait un stand au Salon du mariage oriental, qui se tient chaque année en novembre à la Grande Halle de la Villette, dans le XIXe arrondissement à Paris, et où les exposants proposent aux futurs mariés de «se marier comme dans un conte desMille et Une Nuits», dromadaire et Limousine Chrysler 300 de 8,55 mètres de longueur à l’appui. «Illuminez vos fêtes sans alcool», proposait Night Orient à l’édition 2011 du salon dont la surface avait doublé par rapport à l’année précédente, entre deux défilés de robes de mariage chatoyantes au son des youyous, accompagnés de musique orientale et avec pour voisins de stand des traiteurs halal et des organisateurs de réceptions.
La publicité de Canada Dry a décidément fait des émules. «Ça a le goût de l’alcool, ce n’est pas du whisky, ce n’est pas de l’alcool, c’est Arkay»: tel est le slogan de la boisson, packagée comme le meilleur whisky, que la société américaine Arkay Beverages s’apprêtait à lancer sur le marché français fin 2011.
Jeannette Angama, la gérante d’Arkay Beverages France, affichait alors dans le magazine Echos d’Orient d’octobre-novembre 2011 les grandes ambitions qu’elle nourrissait pour son whisky halal:
«A partir de décembre 2011, nous serons présents dans la plupart des magasins halal et magasins de boisson de France. Nous espérons écouler par semaine 1.000 caisses pour commencer. La bouteille de un litre en verre sera vendue 10 euros et la canette aluminium recyclable de 350 ml à 4 euros.»
Qu’importe le flacon pourvu qu’on n’ait pas l’ivresse!
Les consommateurs halal qui préfèrent la bière au champagne ou au whisky n’ont pas été oubliés. La Sultane Kriek, la première bière halal belge, a été mise sur le marché en janvier 2011. Roger Caulier, le producteur, propriétaire de la brasserie artisanale Caulier, expliquaitalors:
«La Sultane sera une bière 100% naturelle et fruitée, issue d’un brassage traditionnel. Ce sera un produit de la famille des bières kriek (à base de cerise), mais sans fermentation.»
En Belgique toujours, une société laitière a lancé un yaourt halal, le Sultine, certifié par un imam. Il ne contient pas de gélatine de porc, un gélifiant souvent utilisé dans les produits allégés. Le groupe laitier Lactalis basé à Laval en Mayenne fabrique des fromages halal.
Chantal et Sandrine Jathet, la mère et la fille, ont lancé la première marque de cosmétiques halal, Jamal, sans graisses animales ni alcool, fabriquée en France. Jamal («beauté» en arabe) propose une gamme de dix produits (crèmes végétales de jour et de nuit, laits démaquillants, etc.). Chantal Jathet insiste sur le fait que ses produits sont certifiés par la Grande Mosquée de Paris et son recteur, Dalil Boubakeur, également médecin, «a vérifié les formules», disait-elle dans le quotidien L’Union daté du 5 avril 2011 qui consacrait un article à l’installation de la marque à Reims.
Le site Saphirnews annonçait le 15 juin 2010 que la société Orapi, un fabricant de produits d’entretien pour les professionnels, venait de sortir une gamme de 35 produits d’hygiène certifiés halal par la Malaisie.
La gamme Halal Essentials comporte des désinfectants pour sols, des désodorisants, des savons antiseptiques, des shampooings sans alcool ni graisses animales.
«Donnez à votre bébé le meilleur du halal.» C’est le discours que la marque Vitameal Baby tient aux parents, soucieux d’une alimentation non seulement saine pour leurs enfants dès le quatrième mois, mais aussi respectant les interdits alimentaires de la religion musulmane. Les petits pots en verre pour bébé sont à base de fruits, de légumes, de poissons et de viande halal certifiée par l’agence de certification AVS. C’est «la plus large gamme halal en baby food au monde»(vendue également en pharmacie sous la marque Pharmameal Baby), d’après le fabricant, la société Agro-Food Industrie, installée à Marrakech au Maroc depuis 2004.
Pour les plus grands, la société Bonbons halal propose des guimauves au chocolat, des choconours, des chamallows, des sucettes, des bâtons fourrés halal.
«Nous importons et distribuons des bonbons gélifiés principalement de Turquie. Les ingrédients utilisés sont halal. En particulier la gélatine est certifiée halal par des organismes musulmans compétents», explique le fabricant sur son site.
Comme d’autres hypermarchés ou supermarchés, le Géant Casino d’Angoulême propose des bonbons Haribo certifiés «halal sans gélatine de porc». La gamme halal des bonbons Haribo est produite en Turquie.
La Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles (Beci) délivre depuis deux ans un certificat halal aux hôtels dans les chambres desquels il n’y a pas d’alcool dans le minibar, pas de films pornographiques à la télévision, pas de bible dans le tiroir de la table de nuit, mais pourvues d’un petit tapis de prière à la disposition des clients et portant l’indication de la direction de La Mecque.
A l’occasion du Euro Halal, un salon professionnel sur les produits halal, à Bruxelles, fin novembre 2011, les organisateurs proposaient aux visiteurs de bénéficier de tarifs spéciaux dans plusieurs hôtels de la capitale belge, offrant aux clients des prestations halal: «room service halal» au Radisson Blu, petits déjeuners halal au Novotel Centre Tour Noire et à l’Hôtel des Colonies.
Les grands hôtels et les palaces se sont mis au halal partout dans le monde –et pas seulement dans les pays du Moyen-Orient. Interviewé dans le magazine Paris Match daté du 10 au 16 novembre 2011, Yannick Alléno, qui a ouvert trois restaurants dans l’émirat de Dubai, se voit poser la question:
«Avez-vous des contraintes liées à la religion musulmane?»
Le chef français aux trois étoiles Michelin de l’Hôtel Meurice, le palace de la rue de Rivoli à Paris, répond:
«On fait attention. Nous passons par des circuits particuliers pour qu’il n’y ait pas de croisements de produits. Mais c’est déjà le cas au Meurice à Paris où j’ai mon restaurant gastronomique étoilé et où les propriétaires sont musulmans. Nous possédons donc des frigos halaldédiés.»
Le restaurant L’Alambra, situé face à la cité du Clos-Saint-Lazare, à Stains en Seine-Saint-Denis, n’est pas confronté à cette difficulté, puisqu’il est tout halal.
Table cotée, ouverte en novembre 2006, le restaurant propose toutes les cuisines du monde, indienne, mexicaine, algérienne, française, japonaise. Il sert 4.000 couverts par mois.
«Les vendredis et samedis soir, c’est plein à craquer. On ne travaille que sur réservation. Nos clients viennent de toute l’Ile-de-France et même d’autres régions», expliquait dans Le Parisien daté du 29 mars 2010 Nabil Djedjik, 32 ans, l’heureux propriétaire de ce restaurant halal haut de gamme, également secrétaire général du premier syndicat patronal d’entrepreneurs de confession musulmane, Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF).
L’Alambra a été le premier restaurant de France à proposer l’intégralité de sa carte en version halal: tartiflette et quiche savoyarde aux lardons de veau, jambon braisé de dinde dans le petit salé aux lentilles, moules marinières sans vin blanc, tarte Tatin sans graisses animales, etc.
Devant le succès rencontré par le premier, un deuxième Alambra a ouvert au printemps 2011 à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.
Michel Turin
http://www.slate.fr
Marseille. Les bouchers revendaient la viande halal avariée
Sept gérants et vendeurs de boucheries halal ont été condamnés ce lundi, dans les Bouches-du-Rhône, à des peines allant de 6 mois à 18 mois de prison pour avoir régénéré de la viande avariée avec du bisulfite de soude.
Basés à Marseille, Port-de-Bouc et Martigues, ces bouchers ont été jugés pour « falsification de denrées alimentaires nuisibles à la santé, vente de denrées alimentaires falsifiées nuisibles à la santé et tromperie sur la marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme ».
Le fournisseur du bisulfite de soude, un « additif alimentaire » qui sert à limiter l’oxydation des produits, a également été condamné à 30 mois de prison, dont 18 avec sursis, ainsi qu’à 10 000 euros d’amende. Grâce au bisulfite de soude, la viande avariée retrouvait la couleur d’un produit comestible. Les vendeurs utilisaient également des épices pour cacher l’apparence, l’odeur et le goût de la viande avariée.
Menée par la gendarmerie de Marseille, l’enquête avait permis d’établir que le trafic durait depuis plusieurs années. Deux clients ainsi que l’association UFC-Que choisir s’étaient portés parties civiles dans cette affaire.
Un neuvième prévenu a été relaxé.
http://www.ladepeche.fr/
Nicolas Sarkozy a visité le marché de Rungis ce mardi 21 février. Une visite surprise en réaction aux propos de Marine Le Pen ce samedi qui affirmait que 100% de la viande distribuée en Ile-de-France était d’origine halal.
Marine Le Pen a provoqué les bouchers. En affirmant, samedi, que toute la viande consommée en Ile-de-France était d’origine halal, elle a contribué à brouiller une image que les professionnels de la viande en France tentent de soigner.
Ils ont donc réagi, comme un seul homme, pour expliquer que si les abattoirs d’Ile-de-France abattaient en effet leurs bêtes selon le rite halal, ils ne fournissaient qu’un pourcentage « insignifiant » de la viande consommée dans la région.
La réaction de Nicolas Sarkozy n’a pas tardé. Le candidat de l’UMP s’est rendu ce mardi matin sur le marché de Rungis, le principal fournisseur de viande de la région parisienne, pour y répéter le refrain entendu tout le week-end : « La polémique n’a pas lieu d’être. On consomme chaque année en Ile-de-France 200 000 tonnes de viande et il y a 2,5% de viande casher et halal ».
Une manière de reprendre la main sur le débat et de pointer l’erreur de la candidate du Front national. Lundi soir, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire avait déjà amorcé la riposte en dénonçant les « mensonges grossiers » de Marine Le Pen.
Il a rappelé qu’un décret avait été adopté il y a « quelques jours » pour « mettre d’avantage d’ordre dans l’abattage rituel en France ». Ce décret prévoit « un régime d’autorisation préalable, avec une formation des sacrificateurs, et des contrôles sanitaires plus stricts, et avec l’obligation d’avoir un bon de commande pour pouvoir procéder à l’abattage rituel ». Des mesures qui devraient garantir, selon le ministre, la « traçabilité totale des animaux et de la viande halal ».
Marine Le Pen persiste
Marine Le Pen a persisté pourtant mardi matin : « Il ne s’agit pas d’une polémique, mais d’un problème fondamental. Le fait qu’une majorité de Français soient trompés sur la marchandise qu’ils achètent n’est pas une polémique anodine ».
Elle a même tenté d’effacer son erreur par une pirouette sémantique : « 100% des bêtes abattues en Ile-de-France est halal, et 100% de la viande est suspecte, puisqu’on ne sait pas ce qui est halal et ce qui ne l’est pas ». Le problème pointé par la présidente du FN est en fait la distribution – réelle mais peu répandue – de viande halal dans le circuit classique, sans que le mode d’abattage soit identifié.
La polémique provoquée par Marine Le Pen reste pour l’heure circonscrite entre le FN et l’UMP, les autres candidats à l’élection présidentielle n’ayant pas encore réagi.
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L’Expo-Halal international, organisé sous l’égide des ministères de l’Agriculture et de la pêche maritime, du Commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies et des Affaires générales et de la gouvernance, vise à encourager l’exportation des produits Halal marocains et renforcer le rôle du Maroc dans l’exportation de ces produits aux marchés islamiques et aux pays à forte présence de musulmans, a indiqué, vendredi lors d’une conférence de presse, le directeur de l’agence Maghreb Centres de Contact, Mohamed El Ouahdaoui, organisatrice de l’événement.
L’exposition, organisée en partenariat avec le Centre régional d’investissement, la Confédération générale des entreprises du Maroc, la chambre du Commerce et de l’industrie de la région Meknés-Tafilalet, la chambre de l’Agriculture, la direction régionale de l’Agriculture, la commune urbaine de Meknés et le Conseil de la région Meknés-Tafilalet, connaîtra la participation de 44 exposants représentant, en plus du Maroc, la France, la Belgique et l’Arabie Saoudite, a indiqué M. El Ouahdaoui.
Il a ajouté que les potentialités de la ville de Meknés en tant que pôle agricole de production agroalimentaire et qui abrite annuellement le Salon international de l’agriculture sont autant d’atouts qui ont favorisé le choix de la ville pour abriter cet événement.
Des tables rondes sont prévues au cours de l’Expo Halal international sur plusieurs thèmes, notamment « les moyens d’exportations des produits Halal », « les critères du produit Halal au Maroc et au niveau international » et « les marchés du Halal en Europe ».
http://www.lopinion.ma/
C’est officiel. Meknès prépare son «Expo halal international au Maroc». L’événement, qui se tient du 13 au 15 septembre dans le somptueux complexe des Habous, résulte d’une étude d’opportunité qui souligne les trois grands marqueurs d’un marché en pleine évolution. Un potentiel que l’on estime aujourd’hui être porté par une population mondiale de 1,3 milliard de musulmans, peser plus de 500 milliards de dollars, et connaître une croissance remarquable de 10% par an. C’est dans cette optique que le salon de Meknès est pensé. Organisée en partenariat avec les ministères de l’Agriculture, du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies, et des Affaires générales et de la Gouvernance, cette première édition jouit de l’appui du Centre régional d’investissement de Meknès-Tafilalet, la direction régionale de l’agriculture, la CGEM, la Chambre de commerce, d’industrie et de services, la Chambre d’agriculture, la direction régionale de l’ONSSA, la commune de Meknès, et la délégation régionale du ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies.
Bref, tous les partenaires voulant marquer le calendrier de la capitale ismaïlienne par la naissance d’une nouvelle manifestation sont présents. «Nous voulons accompagner la mise en place d’une nouvelle filière d’export et de production, basée sur le strict respect de la norme halal marocaine, appelée à devenir une référence internationale, avec l’appui de l’Ompic, partenaire du salon», explique Mohamed El Ouahdoudi, Lire la suite…

Aujourd’hui, le marché du Halal compte quelque 5 millions de consommateurs potentiels en France, 17 millions pour toute l’Europe et pas loin de 1,6 milliard de consommateurs dans le monde. Les industriels ont flairé le bon filon et investissent de plus en plus le secteur. Devant l’augmentation constante de ce marché, la première édition, au Maroc, du salon Export Halal International se tiendra du 12 au 14 septembre prochains à Meknès.
Mohamed El Ouahdoudi, Marocain résident en France, organise de nombreux évènements entre la France et le Maghreb. Il est notamment le Président de la convention France Maghreb qui en est à sa dixième édition. Il est aujourd’hui le fondateur du salon Export Halal International qui se tiendra du 12 au 14 septembre prochains à Meknès et qui compte d’ores et déjà une cinquantaine d’exposants ayant confirmé leur présence. Le Courrier de l’Atlas a rencontré Mohamed El Ouahdoudi pour connaître les tenants et aboutissants d’une telle initiative.
Pourquoi organiser un salon du halal au Maroc ?
Le Maroc rassemble tous les atouts pour devenir un acteur de l’export du halal, mais également pour améliorer la traçabilité des produits mis sur le marché local. Les professionnels se réjouissent de ce nouveau rendez vous qui donnera au Maroc une grande visibilité à l’échelle internationale. Les autorités marocaines, tant locales qu’à l’échelle nationale, accueillent avec beaucoup d’encouragements cette initiative.
Pourquoi avoir choisi la ville de Meknès ?
La vocation agro alimentaire de cette région est reconnue, elle sera mise en valeur par ce nouvel axe qui lui ouvre les portes de l’export. Meknès se prête également à un rendez-vous d’envergure internationale, le Salon de l’Agriculture qui s’y tient et qui en est à sa 7èmeédition. Ce salon est la preuve vivante que l’on peut faire converger vers cette ville les professionnels du monde entier.
Quelles sont les perspectives d’export des produits halal pour les entreprises marocaines ?
Dans un marché de plus de cinq cent milliards de dollars, s’adressant à plus d’un milliard trois cent millions de consommateurs, le calcul est rapide. Le Maroc passera de 0,001% actuellement à des pourcentages significatifs au fur et à mesure que sa filière se professionnalisera. Nous sommes donc au tout début d’une véritable révolution commerciale et industrielle, que le Maroc peut parfaitement réussir, comme il l’a fait pour l’offshoring ou l’aéronautique.
Concrètement, même si le pays n’est pas excédentaire dans certains entrants de la filière halal, il peut accueillir des entreprises étrangères exportatrices, qui viendront profiter de ses accords commerciaux, de sa proximité avec les marchés africain, arabe et européen, et de sa formidable base arrière des produits et du savoir-faire du halal.
Quels sont les produits niches labellisés halal qui peuvent être destinés à l’export?
Pour le moment, nous n’avons pas de label halal au Maroc, les dernières informations nous confirment qu’il est au stade de la publication prochaine. En attendant, une seule entreprise basée à Marrakech bénéficie pour le moment du label halal d’un opérateur de France, qui l’aide à exporter sur ce marché. Nous espérons que d’ici la tenue de notre salon, le Maroc se sera doté de son propre label, qui intéressera non seulement les entreprises du Maroc, mais également d’autres venues de l’étranger.
Quels sont les marchés à l’export ciblés par les organisateurs de l’événement ?
Sont visés en premier les marchés qui comptent des communautés musulmanes. Certes,l’Europe met des barrières à l’entrée de certains produits du monde halal, mais nous apportons des solutions originales qui permettent dans un premier temps de se conformer à ces contraintes, et puis par la suite de bénéficier d’accès privilégiés vers ces marchés européens très demandeurs.
Cependant, n’oublions pas que les continents africain et asiatique sont également très porteurs. L’un des bénéfices du salon Expo Halal International est précisément d’apporter des éclairages pertinents pour mieux exporter halal.
Propos recueillis par Ahlam Jebbar
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H. E.
En 2010, le marché international du halal était estimé à plus de 660 milliards de dollars. En 2012, il est évalué à plus de 700 milliards de dollars
Une manne ignorée jusqu’à présent par les exportateurs nationaux. Le marché mondial du halal est actuellement estimé à près de 700 milliards de dollars. Une offre qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans les pays islamiques, mais aussi dans les pays qui accueillent une communauté musulmane. Le plus gros se trouve en Asie (plus de 400 milliards de dollars), notamment dans les pays du Golfe, la Malaisie et l’Indonésie. Comment saisir donc les opportunités que recèle ce marché porteur?
Plusieurs entreprises nationales, opérant dans l’agroalimentaire, participent régulièrement à des salons spécialisés, organisés dans cette partie du monde comme le Gulfood, qui a eu lieu du 25 au 28 février à Dubai. Mais aucun exportateur marocain n’était certifié halal. Or, les consommateurs des pays du Golfe, avertis au sujet de cette norme, sont très regardants sur ce qu’ils achètent, ne serait-ce que des tablettes de chocolat ou des produits de confiserie. Le label halal est donc un visa incontournable pour adresser les pays musulmans. D’ailleurs, une multinationale suisse, installée au Maroc, spécialisée dans la production de lait et de dérivés laitiers se voit toujours exiger le label halal pour pouvoir exporter en Algérie, par exemple. Un certificat qu’elle doit obtenir à l’étranger. «Dès que le gouvernement a constaté que l’absence d’une certification halal devient un obstacle pour les exportations, il a décidé d’élaborer un système de labellisation dédié», explique Mohamed Essabar, chargé d’études à la direction de la politique et des échanges commerciaux au sein de la tutelle. La norme et la procédure de certification halal seront officiellement dévoilées lors du salon international Expo Halal, qui se tiendra du 13 au 15 septembre à Meknès. Un événement orienté essentiellement export.
«Le label halal n’est plus seulement un concept religieux. Il est devenu un concept marketing et un segment commercial», explique Torek Farhadi, coordinateur régional du programme de renforcement des capacités commerciales des pays arabes (En
Act), développé au Maroc par le Centre du commerce international (CCI) de Genève. Selon l’expert, le Royaume dispose d’une large gamme de produits agroalimentaires pour lesquels des pays lointains comme la Malaisie, l’Indonésie ou encore les pays d’Afrique de l’Est sont très demandeurs.
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De plus en plus d’entreprises belges lorgnent le marché des produits halal. « Nous sommes en temps de crise et l’exportation de produits halal offre beaucoup de perspectives », explique Bruno Bernard, auteur du livre « Comprendre le halal » et consultant externe pour le Beci, la chambre de commerce bruxelloise.
Assortiment de produits halal. © BELGA
Le « halal » ne concerne pas uniquement la méthode d’abattage rituel au sens strict, mais qualifie tout ce qui est permis pour un musulman, par opposition au « haram » qui est relatif au péché ou au sacré. Aucun chiffre d’affaires officiel n’est connu pour le marché du halal en Belgique mais il serait évalué à 1,5 milliard d’euros par an, selon Bruno Bernard.
Aujourd’hui, de nombreuses entreprises belges s’intéressent à ce marché en pleine expansion. Delhaize lancera ainsi au milieu du mois d’août un assortiment d’une vingtaine de produits intégrés (c’est-à-dire vendus sous la marque Delhaize) halal (charcuterie, viande, fromage) dans une vingtaine de ses points de vente en Belgique. « Cela fait partie de notre stratégie commerciale d’offrir un assortiment adapté à des clients spécifiques », explique Roel Dekelver, de Delhaize. Cette démarche s’applique uniquement aux produits vendus sur le marché belge.
Cette certification ne concerne pas seulement la viande ou les produits alimentaires. Des articles comme les compléments alimentaires ou les produits pour hôpitaux peuvent également être qualifiés de halal. « Pour pénétrer certains marchés, il est important de disposer de tels produits certifiés », explique Bruno Bernard. Il y a 1,2 milliard de musulmans dans le monde dont environ 60 millions en Europe, c’est donc un marché plus que conséquent qui s’ouvre aux entreprises proposant des produits halal.
Certifié halal
« C’est une extension des services à l’exportation que nous avons mise en place pour faciliter l’accès aux marchés des pays musulmans », explique Samira Aarbaj, responsable des formalités à l’exportation du BECI. Depuis 2009, une trentaine d’entreprises ont profité de cette certification, parmi lesquelles des sociétés belges, mais aussi allemandes, roumaines et même mexicaines, preuve du succès de cette certification. « Nous sommes actuellement en contact avec des institutions, notamment en Indonésie, pour obtenir une validation d’une autorité musulmane internationalement reconnue », indique Samira Aarbaj. Cette validation permettrait d’encore accroître la reconnaissance dont jouit cette certification.
Selon des estimations communiquées lors de la cinquième conférence internationale de la nourriture halal, organisée par le HFCE (« Halal food Council of Europe ») en mars à Zaventem, le marché du « halal » pèserait près de 115 milliards d’euros par an dans le monde, avec une croissance annuelle de 10 à 20%.
La certification marocaine du halal s’applique à toute la chaîne alimentaire, depuis l’origine du produit jusqu’à sa commercialisation, en passant par son emballage.
Le Maroc a enfin sa norme halal. L’Institut marocain de normalisation (Imanor) vient de ficeler la procédure d’homologation halal. Mieux encore, la norme qui supporte la certification halal vient d’être publiée au dernier Bulletin officiel.
«Ainsi, le Maroc est le premier pays du monde arabe à avoir mis en place une norme halal globale, qui s’applique à tous les produits alimentaires, contrairement à l’Arabie Saoudite, par exemple, qui dispose d’une norme halal dédiée uniquement aux produits carnés», affirme Abderrahim Taïbi, chef de la division normalisation au sein de l’Imanor.
Une dizaine d’entreprises ont déjà déposé leur dossier de candidature pour l’obtention du label, dans les branches des produits de conserves, de la laiterie et de la charcuterie. Pour l’heure, Sicopa, unité industrielle spécialisée dans la commercialisation des olives, a déroché le label. La procédure d’homologation est administrée par une commission consultative comprenant l’Imanor, des auditeurs experts des affaires islamiques et techniques, l’ONSSA, des organisations professionnelles, des laboratoires d’analyses. Ces derniers peuvent être sollicités pour analyser la composition de certains produits alimentaires.
Sur le plan pratique, la demande de certification peut être effectuée auprès de l’Imanor par n’importe quelle entreprise opérant dans le secteur des produits alimentaires. La durée de la procédure dépend de chaque cas. Contrairement à une idée largement répandue surtout dans le cas de l’abattage, le concept halal ne se limite pas uniquement au rite de l’abattage. «La première exigence pour prétendre au concept halal concerne d’abord les conditions sanitaires et de sécurité alimentaire du produit concerné. Ce qui signifie qu’un produit halal doit d’abord être sain», explique Taïbi. En clair, l’abattoir doit être exempt de tous facteurs de souillure (tanjis) et de contamination.
Le matériel ainsi que les installations utilisés ne doivent pas servir à un mode d’abattage autre que celui musulman. Ce qui remet en cause les viandes sortant de certains abattoirs «polyvalents» en Europe. Une fois la demande de certification introduite, un comité composé d’un expert religieux (alim) et d’un auditeur de la sécurité alimentaire procède à l’évaluation de l’entreprise, du produit et du processus de production. L’expert religieux examine les aspects religieux tandis que l’auditeur technique analyse l’aspect sécurité alimentaire du produit, sa traçabilité sans oublier les différents ingrédients entrant dans sa composition. Le tout sous l’œil vigilant de l’expert des Affaires islamiques. Un produit est couramment utilisé au Maroc, mais bien malin celui qui pourrait en attester l’origine halal, c’est la gélatine. Un ingrédient utilisé dans bon nombre de produits alimentaires et qui peut être d’origine soit porcine, soit bovine. Mais comme tout produit alimentaire vendu au Maroc est censé être halal, les consommateurs ne se posent pas de question.
Pour l’heure, certaines entreprises sont plus avancées que d’autres en matière de maîtrise du process, de sécurité sanitaire et d’autocontrôle. Après l’audit technique et religieux, un label halal est délivré à l’entreprise valable pour trois ans. Il s’agit d’un logo rond, aux couleurs du drapeau marocain, portant l’inscription Institut marocain de normalisation ainsi qu’un croissant. Le label halal rouge et vert ne dispense pas l’entreprise d’apposer une étiquette comportant, entre autres, la date de péremption, la liste des ingrédients, le pays d’origine, d’éventuels OGM…
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Un entrepreneur lorrain va lancer mi-juillet une fédération française regroupant les consommateurs de halal dans l’optique d’assurer une meilleure certification des produits et une harmonisation de leur traçabilité au niveau national.
« Aujourd’hui, entre 17 et 20% seulement des produits halal disponibles à la consommation le sont véritablement. Il y a beaucoup de gens qui certifient n’importe quoi, ce qui contribue à donner une mauvaise image de cette filière en France », a expliqué à l’AFP Saber Bouzaza, promoteur du projet.
Ce chef d’entreprise, qui a ouvert en 2010 un supermarché halal à proximité de Metz, entend lancer officiellement autour au 20 juillet une « fédération française du halal » dont la mission sera de protéger les consommateurs, d’agréer des certificateurs et d’harmoniser les pratiques au sein du marché français.
« Dans mon supermarché, près d’un client sur deux n’est pas musulman. Il ne s’agit donc pas de créer une fédération musulmane, mais une fédération regroupant tous les consommateurs de halal. Je me suis rendu compte qu’il n’en existait aucune », ajoute Saber Bouzaza.
« Je travaille avec une équipe de dix bénévoles, j’ai contacté des industriels, des imams et des vendeurs de produits halal afin d’établir un cahier des charges permettant de délivrer une certification transparente et reconnue. Je suis également en contact avec des acteurs du halal au Benelux, l’objectif c’est d’avoir tout le monde », poursuit-il.
Loin de se limiter aux viandes, le marché du halal, estimé en France à quelque 6 milliards d’euros, concerne également des produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires ainsi que des assurances (des contrats investis dans des sociétés reconnues comme licites et ne comportant aucune obligation classique, la loi islamique interdisant la rémunération par les taux d’intérêt).
Face à la demande grandissante, les enseignes ont multiplié leur offre allant jusqu’aux bonbons, eaux minérales, plats cuisinés ou au coca, et la chaîne de restauration rapide Quick a augmenté le nombre de ses établissements entièrement halal. Ils espèrent attirer une clientèle plus jeune et plus nombreuse que par le passé, avec quelque 5 millions de musulmans en France.
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L’organisme public de soutien des entreprises françaises à l’international, Ubifrance, a organisé un atelier dédié au Hallal. Un marché potentiel de 1 milliard et demi de personne.

La salle est pleine à craquer aujourd’hui chez Ubifrance. Il faut dire, le Halal intéresse beaucoup d’entreprises et d’entrepreneurs. Un marché qui représente, tout de même, « 1,6 milliard de consommateurs potentiels dans le monde et ce dans tous les domaines des biens de consommation » précise François Matraire, directeur pays en Malaisie d’Ubifrance.
Alors que doivent savoir les entrepreneurs ? Évacuez tous les fantasmes colportés pendant la campagne présidentielle. Halal signifie tout simplement « licite » arabe. Autrement dit, les produits Halal sont produits en accord avec les textes sacrés musulmans. Autant dire, indispensable à l’export dans les pays musulmans. Mieux, la certification Halal devient même obligatoire dès qu’il est question de viandes.
Mais pour y avoir accès, le chemin vers la certification est semé d’embuches. Déjà, les normes diffèrent d’une région à l’autre. Lesquelles choisir alors ? En la matière, la Malaisie semble avoir pris une longueur d’avance sur le sujet. Mieux, il a même « engagé des démarches pour que les pays musulmans structurent leur démarche à l’international » explique François Matraire. Résultat, les normes Malaisiennes font loi dans tous les pays qui appartiennent à l’ASEAN.
Concrètement, il en coûtera 2100 dollars pour se faire certifier par le Jakim, organisme de référence de certification Halal. Pour Chantal Japhet, fondatrice et dirigeante de CFBC Paris, société productrice de cosmétique, le budget est même plus conséquent. En tout, cela a représenté « un budget de 5000 euros par an, pour obtenir la certification halal de la mosquée de Paris » explique-t-elle. Pas d’alcool, pas de graisses animales qui viennent de porcs : tout ça impacte le processus de production.
Eh oui, le Halal ne concernent pas uniquement les viandes. En fait, il est recommandé de faire certifier Halal tous vos produits. « Même les couches sont Halal » expliquait une participante de l’atelier Ubifrance. On s’éloigne des textes sacrés… Aujourd’hui, en dehors des produits carnés, le Halal est plus devenu un outil marketing, destiné à rassurer les consommateurs.
En France, le Halal démarre à peine mais il représente déjà 5,5 milliards d’euros. Les produits alimentaires représentent trois quarts du marché. Bon à savoir pour les entrepreneurs en mal d’idées.
Tancrède Blondé
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