« M » : Islam de France, les convertis face aux clichés
Par Judith Perrignon/Illustrations Cristiana Couceiro

Et, plus ou moins rapidement, ils l’ont annoncé à leurs parents. Abdel Raouf se souvient de son père conciliant : « Tant que tu trouves ton bonheur… » ; de sa mère, fervente catholique, tendue et silencieuse, qui semblait promener au-dessus de sa tête une bulle pensive de bande dessinée dans laquelle son fils apparaissait en terroriste. A sa famille juive, David devenu Amin n’a rien dit tout de suite. Sa mère a remarqué quelque chose de différent. Leurs rapports étaient plus simples, moins tendus. Elle a compris au moment du ramadan. « Tu as changé, je ne suis pas bête, tu t’es fait musulman. » Elle a préféré qu’il n’en parle pas à son père, qui a fini par lire la vérité dans la barbe de son fils qui s’allongeait. Finalement, seuls ses deux frères l’ont très mal pris. Chez Baptiste, le père a sorti des « trucs bêtes »(« Alors, tu vas plus manger de porc ! »), la mère était au bord des larmes lorsqu’il a demandé qu’on l’appelle désormais autrement. « Elle a eu peur que je change, que je ne sois plus le fils qu’elle a eu. » Face à l’émotion de sa mère, Baptiste a expliqué que ce n’était pas obligatoire de changer de prénom. Il est resté Baptiste.« Je ne savais pas qu’on pouvait faire autrement », s’étonne William, devenu Bilal, assis à côté de lui. « Ma mère aussi avait les larmes aux yeux », ajoute-t-il.
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Mohammed Morsi, le nouveau président égyptien. © DR








Abd Al Malik sera à Avignon samedi. Photo DR




Après un député UMP et le conseiller Nouveau Centre de Paris, le préfet de la région Ile-de-France, Daniel Canepa, a écrit à Bertrand Delanoë en dénonçant le « caractère cultuel » de la manifestation, dont il a également critiqué le mode de financement. Si la réponse du maire de Paris a été de rappeler qu’il s’agissait avant tout d’une programmation artistique et festive, cette façon de concevoir une soirée dédiée au ramadan est également contestée par certains musulmans eux-mêmes. Ils reprochent, notamment sur le net, à la Ville de Paris d’instrumentaliser l’islam en identifiant le mois de ramadan, symbole de spiritualité et de renoncement, à une soirée de festivité. La soirée est donc trop religieuse pour les uns, et pas assez pour les autres. Les événements qui attirent les critiques, parfois convergentes, de groupes d’opinion diamétralement opposés les uns aux autres ont toujours quelque chose d’intéressant. Comme si les postures idéologiques et politiques des uns et des autres se neutralisaient entre elles. 


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