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Articles taggués ‘islamophobie’

Islamophobie: trois victimes sur quatre ne portent pas plainte

Ricardo Gutiérrez

Un « Livre blanc » dresse l’état des lieux de l’islamophobie en Belgique francophone. Trois victimes sur quatre ne donnent aucune suite aux discriminations ou violences subies. La nouvelle plateforme associative musulmane Muslim Rights répétera l’exercice chaque année.

J’étais à l’arrêt de bus avec une autre amie aussi convertie et on attendait le bus pour aller chez moi. De jeunes hommes sont arrivés et voyant qu’on était des Belges devenues musulmanes avec un foulard, ils nous ont arrachés le foulard et nous ont traitées de ‘collabos’. On a eu tellement peur et nous ne savions pas ce que nous avions fait pour mériter ça » Le Livre blanc de l’islamophobie, publié ce jeudi, par la nouvelle plateforme associative Muslim Rights, s’ouvre sur le témoignage de Virginie, une jeune musulmane de Charleroi.

C’est la force de ce premier état des lieux : il est basé sur près de 600 témoignages concrets de citoyens de confession musulmane qui s’estiment discriminés en raison de leur religion. Quel bilan tirer des 576 faits enregistrés ? Muslim Rights tire quatre grandes conclusions de son enquête :

1. Les femmes sont davantage ciblées. Globalement, deux personnes discriminées sur trois (61,8 %) sont des femmes, et la proportion monte même à trois sur quatre si on s’en tient aux faits portant sur les pratiques vestimentaires.

2. Les jeunes sont davantage visés. L’enquête montre que deux personnes discriminées sur trois (62 %) sont des jeunes de moins de 30 ans. A peine 2 % des cas concernent des citoyens musulmans âgés de plus de 49 ans.

3. La discrimination à l’emploi est banalisée. C’est dans le domaine de l’emploi que les discriminations sont les plus courantes, après les agressions verbales et les manifestations de haine via internet ou les médias : 33 % des témoignages portent sur des refus d’embauche, de stage ou de promotion justifiés par la conviction religieuse des victimes.

4. Les victimes ne portent pas plainte. Enfin, l’enquête montre que trois personnes s’estimant victime d’islamophobie sur quatre (74,8 %) restent sans réaction. A peine 3 % signalent les faits au Centre pour l’égalité des chances, et 4 % portent plainte en justice ou auprès de la police. A noter : le succès relatif des procédures de médiation ou de conciliation (18 % des victimes optent pour cette voie).

A lire : la version intégrale du « Livre blanc sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone »

http://www.lesoir.be/

Islamophobie croissante en Belgique

Ricardo Gutiérrez

Un rapport européen constate la hausse des discriminations à l’égard des musulmans. Notamment en Belgique.

Le racisme, en Belgique, se manifeste de plus en plus sous les traits de l’islamophobie. C’est le constat que vient de poser, ce matin, la fédération européenne des organisations antiracistes, ENAR. Le constat est en tous points conforme au rapport que présentait Amnesty International, voici un peu moins d’un an, sur les discriminations à l’égard des musulmans.

Les 600.000 musulmans de Belgique font l’objet de discriminations persistantes, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de l’accès aux services publics et privés. Les chiffres cités par ENAR sont édifiants : sur l’ensemble des dossiers de discrimination « religieuse », près de 80 % visent les musulmans ou les communautés musulmanes. En cause, principalement : les médias (51 % des plaintes), le monde professionnel (19 %) et l’enseignement (11 %).

Sur l’ensemble des nouveaux dossiers concernant des musulmans traités par le Centre pour l’Egalité des Chances, 58 % présentent des signes d’islamophobie et 23 % contreviennent aux lois antidiscriminations. Comme Amnesty, ENAR pointe l’exclusion de l’enseignement pour les étudiantes qui portent le foulard, alors même qu’aucun décret n’appuie ces réglementations.

Pour l’organisation européenne, les pouvoirs publics belges devraient s’employer à « rendre effectives les libertés fondamentales, dont celle de religion, des élèves, en abrogeant toutes les dispositions interdisant le port du foulard et autres pratiques ou signes convictionnels à l’école ».

http://www.lesoir.be/

Tags « provocateur » sur les murs de deux mosquées de Besançon

Une enquête a été ouverte dimanche après la découverte aux mosquées Sunna et El-Fath de Besançon d’un graffiti « provocateur », a annoncé la préfecture du Doubs. L’inscription représente une étoile de David.

  • avec l’AFP
  • Publié le 03/02/2013 | 14:55, mis à jour le 03/02/2013 | 17:11
Le tag a été bombé sur le mur d'enceinte de l'une des mosquées de Besançon. © Philippe Arbez
© Philippe Arbez Le tag a été bombé sur le mur d’enceinte de l’une des mosquées de Besançon.
L’étoile, symbole du judaïsme, a été bombée à deux endroits de Besançon.   »Le dossier a été transmis à l’autorité judiciaire », a dit le secrétaire général
de la préfecture du Doubs, Joël Maturin, parlant de « graffiti isolé et inutilement provocateur ». La première étoile de David a été découverte dans la nuit de vendredi à samedi sur le mur extérieur de la mosquée d’El Fath, située dans le quartier Planoise; le graffiti aurait été dessiné dans la nuit de vendredi à samedi. La seconde, peinte sur un pilier extérieur à la grande mosquée El-Sunna dans le quartier saint-Claude, a été retrouvée dimanche matin. Les responsables de la mosquée ont alerté la police, qui s’est rendue sur les lieux. Le secrétaire général a ajouté que « tous les éléments font penser que la communauté juive n’est pas impliquée dans cette affaire ».
Les pratiquants réunis ce matin à la mosquée sont dépités par autant de bêtises. Le tag de la mosquée de Planoise est déjà effacé.
Par ailleurs, deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été inscrits dans la nuit sur un bâtiment abritant une mosquée à Ozoir-La-Ferrière en Seine-et-Marne. Sur son site internet, le CCIF ( Collectif Contre l’Islamophobie en France) a recensé dans son rapport annuel 414 actes islamophobes en France envers des institutions ou individus, contre 298 en 2011 et 188 en 2010, soit une augmentation de 38%. L’année dernière, quarante mosquées avaient été visées.
http://franche-comte.france3.fr

Des croix gammées dessinées sur une mosquée en Seine-et-Marne

Des graffitis sur la façade de la mosquée d'Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013

Des graffitis sur la façade de la mosquée d’Ozoir-La-Ferrière, en Seine-et-Marne, le 3 février 2013 (Photo AFP)

Deux croix gammées et des slogans extrémistes ont été tagués dans la nuit de samedi à dimanche sur une mosquée d’Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), suscitant l’indignation du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

A Besançon, ce sont des étoiles de David qui ont été dessinées sur deux mosquées. Mais dans ces cas, des sources proches de l’enquête incitent à la prudence sur la nature islamophobe de l’acte, n’excluant pas, parmi d’autres, la piste d’un fidèle mécontent.

Dans une rue calme et bordée de pavillons d’Ozoir-La-Ferrière, à environ 35 km à l’est de Paris, les fidèles de la mosquée Taouba venaient pour la prière de l’aube quand ils ont découvert deux croix gammées et deux slogans, « Vive la Gaule » et « Nike l’islam », tagués à la bombe noire sur la façade jaune clair et la porte blanche.

Une enquête pour « dégradations aggravées » car réalisées « sur un lieu de culte » a été ouverte, a indiqué une source judiciaire, soulignant qu’il n’y avait pas eu « de faits équivalents récemment » dans la zone. L’enquête va tenter d’exploiter « les vidéos (de surveillance, ndlr) des axes à proximité de la mosquée », a-t-elle ajouté.

Ce lieu de culte discret, bâti en 2002, accueille chaque vendredi 200 à 300 musulmans. Dimanche, tandis que des enfants arrivaient pour leur cours d’arabe, les responsables de la mosquée, qui avaient recouvert les inscriptions, exprimaient leur incompréhension.

« On est tous des Gaulois, c’est vraiment n’importe quoi! », réagissait, sous couvert d’anonymat, un père amenant sa fille. De tels actes peuvent susciter « de la colère, or ce qu’on souhaite c’est que les gens soient apaisés car on prône la tolérance et la paix », dit Abdelaziz Aït Ali, le secrétaire de la mosquée.

« Nazillons »

« Depuis dix ans qu’on est ici, on s’entend très bien avec les voisins », a expliqué à l’AFP Hamed Kamouch, président de l’association.

Les autorités locales confirment que cette mosquée est sans histoires, dénuée de toute obédience fondamentaliste, et qu’elle n’a jamais connu le moindre problème.

Si M. Aït Ali dénonce « un acte isolé », le président de l’Observatoire de l’islamophobie, Abdellah Zekri, a exprimé auprès de l’AFP sa « colère et (son) dégoût devant des individus qui ne respectent absolument rien, des apprentis nazillons ».

Il énumère les mosquées cibles d’actes islamophobes et racistes depuis un peu plus d’un mois: Val-de-Reuil (Eure), le Barp (Gironde), Tomblaine (Meurthe-et-Moselle)… M. Zekri « réitère (son) appel » à François Hollande « de déclarer que le combat contre l’islamophobie est une cause nationale. C’est un geste fort que nous attendons », a-t-il dit.

Dans un communiqué, le CFCM « appelle l’ensemble des musulmans de France à la vigilance et à la sérénité face à ces provocations contraires aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens ». SOS Racisme « demande aux pouvoirs publics de s’engager davantage et urgemment dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a condamné « avec la plus grande sévérité la profanation » de la mosquée par « des inscriptions nauséabondes et haineuses ».

En 2012, 201 actes anti-musulmans ont été enregistrés, soit une augmentation de 28% par rapport à 2011, selon l’Observatoire de l’islamophobie.

Interrogé par l’AFP sur les inscriptions, le maire UMP Jean-François Onesto a déploré « ces messages lâches parce qu’anonymes ». Selon lui, « c’est la première fois que ce genre de tag raciste » est retrouvé à Ozoir.

http://www.liberation.fr/

Ozoir-la-Ferrière : des croix gammées taguées sur la mosquée

Nicolas Sivan et Stéphanie Auguy

Les fidèles de la mosquée d’Ozoir-la-Ferrière ont découvert avec stupeur, hier matin, que des tags islamophobes avaient été inscrits sur la façade et la porte de la mosquée Taouba pendant la nuit.

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Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. </p>
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Ozoir-la-Ferrière, hier. Les fidèles de la mosquée ont découvert les inscriptions vers 6 heures, en arrivant pour la prière de l’aube. | (LP/N.S.)

Des tags islamophobes et des croix gammées sur la façade et la porte de la mosquée Taouba. Les fidèles d’Ozoir-la-Ferrière étaient sous le choc, hier matin, en découvrant la profanation, dans la nuit de samedi à dimanche, de leur édifice religieux. Ouvert en 2002, ce lieu de prière rassembleparfois jusqu’à trois cents personnes.Des membres de la communauté musulmane sous le choc mais aussi dans l’incompréhension. « Nous n’avons jamais eu aucun souci avec qui que ce soit ici, rappelle Ahmed Kamouch,président de l’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière. C’est un acte gratuit et raciste qui éloigne les communautés. »

« Nike l’islam », « Vive la Gaule ». Les fidèles ont découvert ces tags vers 6 heures, en arrivant à la mosquée pour la prière de l’aube. L’étonnement passé, ils se sont empressés de les recouvrir de bâches en plastique. Ils voulaient cacher ces insultes avant que les jeunes élèves du cours d’arabe n’arrivent. L’Association des musulmans d’Ozoir-la-Ferrière a ensuite porté plainte auprès du commissariat de Pontault-Combault, qui a ouvert une enquête. « Ce geste est très grave, se désole Driss Lachhab, vice-président du conseil régional du culte musulman de l’est de l’Ile-de-France. C’est la première fois qu’une telle chose arrive en Seine-et-Marne. »

De nombreuses réactions

Cette profanation est fermement condamnée de toutes parts. Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, parle d’« inscriptions nauséabondes et haineuses ». « La République n’acceptera jamais de telles provocations et saura se montrer très ferme à l’égard de ceux qui tentent de diviser les Français et de porter atteinte à notre cohésion nationale », prévient-il.

« C’est un acte inacceptable et répugnant, a, de son côté, vivement réagi le député socialiste du secteur, Eduardo Rihan-Cypel. Ces tags ont un sens. On ne peut pas laisser passer ça. » « J’espère que l’on trouvera les auteurs, renchérit Jean-François Oneto, maire UMP d’Ozoir-la-Ferrière. Il n’y a jamais eu d’actes racistes dans notre commune, je désapprouve totalement ces méthodes. » L’élu promet que les services de la mairie aideront à effacer ces tags haineux.

« Cela fait désormais six mosquées profanées depuis le début de l’année », dénonce, de son côté, Abdellah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il a indiqué attendre « un geste fort » du président de la République contre l’islamophobie.

http://www.leparisien.fr/

Islamophobie : un collectif part en campagne

Par Sophie Amsili avec Matthieu Bock

Le Collectif contre l’Islamophobie en France lance une campagne pour « déconstruire les clichés ».

Un couple tient ses deux fillettes sur ses genoux et les observe en souriant. La famille semble épanouie. Un détail : la femme est voilée. Elle est bretonne, enseignante et s’est convertie à l’islam. Cette image fait partie des trois affiches qui sont apparues au bord du périphérique parisien depuis le 31 octobre. Elle est l’un des supports de la campagne lancée par le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF). Objectif : « ouvrir le dialogue » et surtout « déconstruire les clichés » sur les musulmans en France.

Islamophobie : un collectif part en campagne© CCIF

Le message est dans le nom de cette campagne : « Nous (aussi) sommes la Nation ». Les musulmans font partie, eux aussi, de la société française « par naissance, mais aussi par leur sentiment d’appartenance, par leur contribution quotidienne et historique à la vie du pays », explique le CCIF sur son site. Et de rappeler : « L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit ».

Une « explosion des actes islamophobes »

A l’origine de cette campagne, une « explosion des actes islamophobes », explique le CCIF : « Il y a une hausse de 58% par rapport à l’année précédente. Pour 2011, on a enregistré 298 actes de violences et de discriminations », détaille Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF au micro d’Europe 1. A cela s’ajoute une « aggravation des faits » : « On avait jusqu’ici des violences verbales, poursuit-il. On a désormais beaucoup de violences physiques, y compris envers des institutions, des profanations et des mosquées dégradées… Pour nous, c’était vraiment le moment décisif pour lancer une campagne. »

Avec un budget – restreint – de 70.000 euros, la campagne se décline également sur un site Internet dédié, sur les réseaux sociaux, dans des opérations de « street-marketing » ou encore à la radio. Europe 1 est l’une des deux stations, avec Beur FM, à diffuser un spot à partir du samedi 4 novembre. Le CCIF organise aussi une série de conférences en France, ainsi qu’à Londres ce week-end pour donner une envergure européenne au projet. Ce marathon d’un mois veut « dépasser les discours [et] convoquer, dans l’opinion publique, une prise de conscience sur une réalité souvent difficile », l’islamophobie. Le pari est ambitieux.

http://www.europe1.fr/

« Nous sommes la Nation », la campagne pour lutter contre l’islamophobie

Le Collectif contre l’islamophobie en France a lancé mercredi une campagne pour « dénoncer les préjugés, les attitudes islamophobes et les discours stigmatisants ».

Affiches sur le périph’ parisien, spots radio, site internet… Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a lancé mercredi une campagne de sensibilisation sur le racisme et l’islamophobie intitulée « Nous sommes la Nation ».

D’une durée prévue de un mois, elle vise à « dénoncer les préjugés, les attitudes islamophobes et les discours stigmatisants qui divisent les citoyens plutôt que de les rassembler, alors que notre pays traverse une période difficile sur le plan social et économique », explique l’association dans un communiqué. Lire la suite…

Kery James : « Socialement, je cristallise certains clichés »

Kery James s'exprime notamment sur son nouvel album, son DVD, la religion, son adolescence, conflit israélo-palestinien. 

Kery James s’exprime notamment sur son nouvel album, son DVD, la religion, son adolescence, conflit israélo-palestinien.  Photo : Sipa

De retour dans la lumière avec un nouvel album et un DVD, Kery James a reçu Metro une heure avant de monter sur scène. Souriant, détendue, disponible, il a répondu avec le ton posé qui le caractérise aux questions sur ses 20 ans de carrière et sur son parcours atypique. Entretien avec un « grand » de la chanson française.

Vous  avez quitté votre public par une lettre annonçant votre désir de prendre du recul. Qu’avez-vous fait pendant ces deux années sans activité artistique ?
Cela a été une retraite spirituelle. Je me suis occupé de moi, moralement. J’ai été à l’étranger approfondir ma connaissance de la langue arabe. J’ai eu une fille. Cela a été des moments très personnels.

Votre nouvel album 92-2012 retrace vos vingt ans de carrière. Pourquoi avoir choisi de faire une rétrospective ?
Pendant deux ans, je n’ai pas travaillé. C’était difficile de revenir avec un album d’inédits directement. Il me fallait un projet intermédiaire. Par ailleurs, j’ai toujours voulu avoir un objet qui puisse répondre à la question « Qui est Kery James ? ». Ce projet regroupe les titres les plus importants de ma carrière, les mieux écrits. Le but, c’était de mettre la plume en avant. Il y a aussi ce documentaire qui retrace ma vie. Je voulais avoir un objet que je peux offrir à un jeune de 18 ans passionné de rap ou à quelqu’un qui a 50 ans et qui s’intéresse à ce que je fais. J’ai une écriture qui peut souffrir de la forme rap. On a épuré les musiques pour mettre en valeur l’écriture.

Parlez nous de la réorchestration de vos morceaux. Comment les avez-vous choisis ?
Le mot d’ordre, c’était enlever tous les artifices. On l’a respecté pour le disque et pour le spectacle. On n’est que trois sur scène, on a décidé de ne pas mettre de choristes. L’idée c’était d’avoir un son le plus pur donc le plus puissant possible.

Quel est l’accueil du public ?
J’ai de très bons retours. Je suis surpris par les gens qui viennent à mes concerts. Le public est éclectique. C’est très étonnant. Je pense que les gens passent un bon moment. Moi je suis satisfait de ce qu’on fait. De toute façon, je n’aurais pas pu faire autre chose.

Y aura-t-il une tournée après ?
Oui, il y aura une tournée acoustique entre septembre et décembre. En mars 2013, j’espère sortir un nouvel album rap plus traditionnel avec que des inédits. Lire la suite…

L’islamophobie en Europe : Amnesty International dresse le bilan

By Sana Sbouaï

Aujourd’hui à Tunis, la section tunisienne d’Amnesty Internationale présentait un rapport sur l’islamophobie en Europe.

Avec son rapport “Choice end prejudice : discrimination against Muslims in Europe” Amnesty International parle de la situation des musulmans d’Europe. Une situation difficile puisque dans de nombreux pays ils seraient victimes de discriminations du fait de leur croyance et de leur appartenance religieuse.

Ainsi aux Pays-bas, en Suisse, en Belgique, en Catalogne et en France les musulmans sont victimes de stéréotypes et de préjugés négatifs. Une situation dénoncée par Amnesty puisque comme l’explique Sonde Garbouj, présidente de la section tunisienne de l’association, ces sévices et violations sont la pépinière de l’intégrisme et des violences que nous voyons aujourd’hui. « Ce n’est pas constructif. Ce n’est pas la base de l’intégration de ces gens qui resteront marginaux et seront une problématique pour le pays qui les accueille comme pour pour leur pays d’origine » explique-t-elle.

Les discriminations sont faites dans trois domaines en particulier : l’accès à l’éducation, l’accès à l’emploi et la mise en place de lieux de culte.

Pourtant des lois existent en Europe contre les discriminations, le législateur a fait sont travail. Mais l’application fait défaut. Surtout quand les partis politiques finissent par s’emparer de ces questions et les tournent à leur profit. Le halal, par exemple, était une thématique de campagne lors de l’élection présidentielle française. La question de la discrimination et de l’inégalité entre citoyen, elle, semble ne s’être pas autant faite entendre.

Ce qui ressort également de cette étude c’est que les filles et les femmes sont les premières discriminées du fait de leur tenue, notamment du fait du port du hijab. « Et là on ne parle même pas de voile intégral, précise Sondes. Or ce n’est pas en interdisant que l’on peut lutter contre ce genre de phénomène. »

En France la loi contre le port de cagoule, qui concerne le port du niqab puisqu’elle interdit de se présenter le visage dissimulé dans l’espace public, devait aussi permettre de lutter contre les violences faites aux femmes. En effet certains ont voulu voir dans cette loi une manière de lutter contre les pressions exercées sur certaines femmes pour qu’elles portent le voile intégral alors même qu’elles ne le désirent pas. Mais interdire c’est repousser, sortir de la sphère du partage, exclure. Voilà comment on se retrouve avec un intégrisme en expansion.

C’est en fait par l’éducation, la discussion et l’échange que l’on peut lutter contre ce type de phénomène. En Tunisie ce rapport peut servir d’exemple puisque la rédaction de la Constitution est en cours et que les questions de mixité et de respect de chacun doivent retenir notre attention.

Sondes Garbouj en appelle d’ailleurs au gouvernement, qui doit travailler en profondeur pour que personne, en Tunisie, ne soit exclu.

http://nawaat.org

Samy Debah. Président du CCIF : «Le racisme s’est transformé en islamophobie»

Samy Debah. Président du CCIF : «Le racisme s’est transformé en islamophobie»

Samy Debah est l’un des membres fondateurs du Collectif contre l’islamophobie en France et son actuel président. Selon lui, la communauté musulmane est la victime collatérale d’extrémismes, quelle que soit leur idéologie. Et depuis les tueries de Toulouse et Montauban, ce Français, quarantenaire et enseignant d’histoire-géo, affirme dans cet entretien que «les gens se lâchent et dévoilent leur racisme».

-La France est-elle devenue terre d’islamophobie ?

La France entretient depuis longtemps une relation tumultueuse avec ses citoyens musulmans et avec l’islam. Il est cependant vrai que le racisme s’est transformé au fil des années en islamophobie. N’est plus mise en cause l’origine supposée des personnes, mais bel et bien leur religion. Notre Collectif a été créé en 2003. Si la France semble avoir une longue tradition d’islamophobie, le Collectif a été créé à la suite des propos tenus par Claude Imbert, alors directeur du Point, qui avait déclaré être islamophobe, lors d’une intervention télévisée. Face à cette banalisation du discours islamophobe, les membres fondateurs du CCIF ont décidé de réagir et ont donc créé l’association. Nos rapports annuels montrent que l’islamophobie est le seul «racisme» qui est en constante hausse et de façon importante, au moment où tous les autres sont en très forte baisse. Lire la suite…

France : Entre montée de l’islamophobie et racisme ordinaire

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	Mosqu&eacute;e du Mirail situ&eacute;e sur un parking de supermarch&eacute;.<br />

 © D. R.
Mosquée du Mirail située sur un parking de…

La France, terre de xénophobie ? Elle bascule dangereusement, au vu des discours islamophobes et racistes qui se sont multipliés ces dernières semaines dans ce pays. Et les 18% de voix récoltées par le Front national au premier tour de l’élection présidentielle, ne sauraient démentir cette tendance qui effraie la France et l’Europe.

Toulouse (France)
De notre envoyée spéciale

Nicolas Sarkozy n’a pas rechigné à poursuivre son opération de «drague» de ces 6,4 millions d’électeurs en surfant sur les mêmes idées xénophobes, racistes et islamophobes que le FN. Ce qui n’est pas nouveau pour le président sortant tant son mandat a été pavé de politiques et de déclarations stigmatisant les «étrangers». A tel point qu’il a été instauré, en cinq années, un réel climat de «choc des civilisations», dénoncé mardi par Amnesty International dans un rapport sur «Les discriminations envers les musulmans en Europe et l’exploitation politique des préjugés».

D’ailleurs, au lendemain des tueries de Toulouse et de Montauban, Nicolas Sarkozy, a comparé «un peu» ces drames au 11 Septembre. El Watan a pris, à Toulouse, le pouls de cet impact. Minime. Non pas que les actes présumés perpétrés par Mohamed Merah n’aient pas écorné davantage l’image d’une population estimée à près de 6 millions sur l’ensemble du territoire. Mais cela n’a été «qu’une pierre de plus» à l’édifice de l’islamophobie dont se disent victimes les musulmans de France.Plus d’un mois après les fusillades où ont trouvé la mort sept personnes, dont, besoin est-il de le rappeler, trois enfants, la vie a repris ses droits à Toulouse. En ce début de printemps pluvieux, les rues de la ville du Sud-Ouest connaissent cette affluence cosmopolite habituelle aux hauts lieux touristiques. Certes l’émotion, le choc, l’horreur de ce 19 mars se sont quelque peu estompés, seule la psychose semble être restée. «Les gens ont peur. Et même s’ils s’en défendent, une fois la panique passée, une certaine méfiance, peut-être même inconsciente, s’est installée, comme la lie au fond de la bouteille», confie un quinquagénaire «français de souche». Lire la suite…

Amnesty International place la France sous vigilance islamophobe

L’organisation publie un rapport sur les discriminations en Europe. Elle épingle plusieurs pays dont la France.

Femme voilée Française.

Femme voilée Française. © SALOM-GOMIS SEBASTIEN / SIPA

Par SIHEM SOUID

Quelle puissance exercera sa « vigilance » à l’égard de la France après que plus de 6 millions d’électeurs ont choisi un parti d’extrême droite pour les représenter ? Quelle organisation internationale, quels intellectuels appelleront à surveiller la politique hexagonale en matière de respect des droits de l’homme et notamment de l’égalité entre tous les citoyens ?

Après le Printemps arabe, la vigilance des « démocrates » français, élus ou penseurs, s’était bruyamment manifestée à l’encontre des populations arabes – de la Tunisie à l’Égypte en passant par leMaroc - pour mettre en garde les citoyens d’outre-Méditerranée, ces grands enfants qu’il faut guider, afin qu’ils votent « bien », c’est-à-dire en général contre les partis d’obédience religieuse. Une appréhension démonstrative qui tranchait avec le silence général observé en France par les mêmes à propos des autocraties maghrébines ou moyen-orientales.

Nicolas Sarkozy ou encore Alain Juppé, son ministre des Affaires étrangères, avaient même souligné la « conditionnalité des aides » économiques promises à la Tunisie au respect des droits de l’homme par le parti victorieux aux élections ! Alors que je défends la laïcité et la séparation de l’Église avec l’État, on ne peut que constater des analyses à géométrie variable. La situation en France est alarmante, si l’on en croit le dernier rapport d’Amnesty International Choix et préjugé, discrimination contre les Musulmans en Europe, qui paraît aujourd’hui. Lire la suite…

Le CFCM porte plainte pour « insultes »

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a porté plainte aujourd’hui pour « diffamation, insultes non publiques matérialisées, transmission de documents provoquant la haine », a annoncé Abdallah Zekri, président de l’Observatoire contre l’islamophobie, composante du CFCM.

Abdallah Zekri, qui a déposé une plainte, consultée par l’AFP, au commissariat du XVe arrondissement de Paris, a rappelé que dix lettres d’insultes et menaces avaient été adressées entre le 20 février et le 6 avril au CFCM ainsi qu’un DVD, en cours d’analyse.
Il a rappelé la teneur de certaines de ces lettres.

« Musulmans, vous êtes cruels et débiles, je vous souhaite de mourir halal en souffrances continuelles », « Faites le ménage chez vous, sinon ça ira très mal », ou « Assimilez-vous ou partez en terre d’islam », peut-on y lire. Ou encore: « Musulmans, bouffez du porc et foutez-nous la paix », « Charles Martel a arrêté les Arabes à Poitiers, ils sont maintenant dans nos cités ».

Abdallah Zekri a ajouté que le CFCM, dont l’Observatoire contre l’Islamophobie est une émanation, avait également reçu des dessins de Marianne, symbole de la République, en train de détruire les minarets.

http://www.lefigaro.fr/

Islamophobie : « augmentation de 72% des actes visant les personnes », selon une association

Une femme voilée dans un service public : tel a été en 2011 le profil type d’une victime d’acte anti-musulman en France, selon le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Les « insultes et agressions » islamophobes à l’encontre des personnes physiques ont augmenté de « 72% entre 2010 et 2011″, selon le rapport annuel de l’association, qui devrait être rendu public dans les prochains jours. Quelque 262 agressions verbales ou physiques se sont produites, contre 152 répertoriées en 2010. En revanche, les atteintes aux bâtiments symboliques (mosquées, cimetières ou commerces musulmans) restent stables avec 36 cas de dégradation ou de profanation.

Créée il y a huit ans, l’association militante, qui propose une aide juridique aux victimes, se fonde sur les affaires qui lui sont directement signalées, et non pas, comme l’Observatoire national de l’islamophobie, dépendant du Conseil français du culte musulman (CFCM), sur les plaintes officiellement enregistrées par la police ou la gendarmerie. D’où le décalage avec les chiffres produits il y a deux mois par cet observatoire qui indiquait que les actes et menaces anti-musulmans avaient augmenté de 34 %, passant de 116, en 2010, à 155 en 2011.

Dans ses annexes, le rapport liste l’ensemble des cas recueillis au cours de l’année. Dans ce mélange d’exemples de niveaux, de pertinence et de gravité variés, on trouve à la fois des cas de femmes à qui il a été demandé de retirer leur voile lors de leur mariage à la mairie ou lors d’une consultation médicale, d’autres qui se font insulter dans la rue ou bien encore les situations les plus litigieuses de candidates libres ou de femmes en formation professionnelle voilées se présentant dans des lycées publics. Le CCIF inclut aussi dans cette liste des contentieux touchant des femmes qui se présentent non voilées à un entretien puis voilées à l’embauche ou de salariées non voilées souhaitant reprendre leur poste avec un voile après un arrêt de travail. Dans ce florilège, on retrouve aussi la phrase de Ségolène Royal lançant à un groupe de personnes, dont des femmes voilées, qui la huent lors d’un meeting « je ne laisserai pas le champ libre aux intégristes« . Lire la suite…

Islamophobie assumée, islamophobie mesurée

Ecrit par Jef  Tombeur

Je suis devenu islamophobe assumé, car aussi christianophobe et judéophobe, après avoir été vaguement islamophile, christianophile, judéophile (et le restant d’ailleurs : il y a des aspects sympathiques, notamment chez beaucoup de personnes de diverses communautés). Mais je m’inquiète des propos d’Abdallah Zekri, président du « fantomatique » Observatoire national de l’islamophobie, qui fait état d’un essor (ou d’une recrudescence ?) d’actes de vandalismes, d’injures publiques, visant soit les musulmans en tant que tels, soit des personnes de culture musulmane…
Qu’on ne voie surtout nulle provocation dans l’expression « fantomatique » accolée à l’Oni qui relèverait du CFCM (Conseil français du culte musulman). Abdallah Zekri n’est pas président d’une commission du CFCM, c’est un simple « chargé de mission » et sur le site du Conseil, sa page était encore ce jour « en construction ». Je « m’en » félicite et le déplore à la fois : je souhaiterai ardemment que cet observatoire n’ait pas lieu d’être, tant les faits dénoncés seraient marginaux ; je trouve néfaste qu’on ne puisse se faire une idée plus précise de ce qu’Abdallah Zekri dénonce à très juste titre.

Mais je veux bien le croire sur paroles, soit sur ce qu’il a déclaré à Sébastien Fontenelle, de Bakchich.info («Islamophobie : le grand silence ») : « certains se sentent en quelque sorte encouragés à passer à l’acte – peut-être même se disent-ils que s’ils se font prendre, la justice, par les temps qui courent, se montrera de toute façon clémente… ». Ce n’est pas tout à fait le cas général, car certaines décisions de magistrats valent contre-exemple (je songe notamment à cette propriétaire d’un gîte rural proche d’Épinal, Yvette Truchelut, condamnée à de lourdes amendes et à de la prison avec sursis). Mais, soit, il y aurait un essor d’actes, notamment scandaleux, islamophobes.

Comme Michel Onfray, je considère que « c’est l’islam qui est un problème », ressortant de celui, plus général, que certains font de leurs interprétations de livres « sacrés ». Est-ce là encourager des actes d’ostracisme, voire haineux ? Sincèrement, je ne le pense pas. Mais tout acte, ne serait-ce qu’en « paroles, en pensées, ou par omission », est quelque peu « péché » car vecteur d’effets pervers. Je ne peux garantir en être toujours exempt.

N’omettons rien

Mon islamophobie assumée ne m’empêche pas de fréquenter amicalement des musulmans ou des personnes de culture musulmane que je m’honore de connaître et apprécier. Je prête volontiers une main à une mère de famille voilée encombrée par une poussette dans les escaliers du métropolitain. Je remercie sincèrement tous les musulmans qui m’ont fort bien accueilli lors de multiples périples, j’apprécie la « langue des anges », l’arabe littéral, chantée ou traduite, &c. Les conversions tardives (ou reconversions) de personnes trouvant un réconfort dans une foi religieuse ou une autre restent pour moi un mystère, mais je ne fais nullement injure à leur intelligence (de très grands scientifiques ont fini par abjurer leur athéisme ou leur agnosticisme). Lire la suite…

Entretien avec Youssef Girard : « L’islamophobie est une idéologie hégémonique en France »

Par Youssef Girard

Entretien avec Echourouk en décembre 2011. L’article n’est plus accessible sur ce site, mais on peut le retrouver, en arabe, sur le site du Centre d’Etudes Assala.

Youssef Girard a grandi dans une famille « de gauche » avant de se convertir à l’islam à l’âge de dix-huit ans. Il a entamé une recherche historique et il a découvert la propagande mensongère de la politique française. De même, il met en avant le racisme occidental qui cherche à réduire le monde entier à son histoire spécifique. Youssef Girard a soutenu une thèse de doctorat en histoire sur le mouvement nationaliste algérien. Dans cette interview, il explique sa conversion à l’islam et dénonce les mensonges derrière lesquels se retranche l’Occident notamment la France où les droits des autres peuples sont niés. Il affirme que la France n’est pas prête à reconnaitre la liberté religieuse et la pluralité culturelle qu’elle brandit uniquement comme un slogan. Youssef Girard explique les moyens mis en œuvre pour écarter les musulmans de la vie sociale et politique et les pressions exercées quotidiennement sur eux en France.

Entretien avec Youssef Girard  : 'L’islamophobie est une idéologie hégémonique en France'

France, 2011 : manifestation contre l’islamophobie
Comment vous-êtes vous converti à l’islam ?

J’ai grandi dans un « quartier populaire » de la banlieue parisienne dans lequel vivaient des gens d’origines diverses notamment des Africains et des Maghrébins. J’avais des relations amicales avec des jeunes de ces communautés. Rares étaient ceux qui étaient des musulmans pratiquants. La plupart se contentait de jeûner durant le mois de ramadan. A la fin de l’adolescence, avec un groupe d’amis, nous avons commencé à chercher notre voie. Ainsi, j’ai découvert l’islam et j’y ai adhéré comme l’ont fait d’autres amis qui se sont convertis ou qui se sont mis à pratiquer l’islam avec assiduité. Par la suite, chacun a suivi son propre chemin. Certains, par exemple, sont partis en Égypte pour poursuivre des études et apprendre le Coran. J’ai entrepris des études d’histoire sur le mouvement nationaliste algérien car j’étais persuadé que la colonisation de l’Algérie était un élément central dans les débats sur l’islam en France. En effet, la façon dont l’islam est traité en France est liée à l’histoire de la colonisation de l’Algérie. Lire la suite…

France : 2011, une année de recrudescence d’actes islamophobes

D.R

L’Islam a été, durant l’année 2011, au cœur de controverses répétées dans l’espace public français, suscitant des actes hostiles contre les musulmans en France dont le nombre dépasse les cinq millions. Cette hostilité s’est traduite par une inflation de pratiques discriminatoires contre l’islam, deuxième religion dans l’Hexagone, dans un climat de haine entretenue par l’extrême droite à l’encontre des musulmans et des lieux de culte. Depuis le début de l’année, les actes islamophobes, qui se sont incrustés dans une partie de la société française, et marqués par une montée sans précèdent, ont été exacerbés par une propagande aggravée par l’instrumentalisation  dans le discours politique de certaines thématiques, telles le débat sur  l’identité nationale, la laïcité, ou encore le port du « voile intégral » dans  les lieux publiques, les prières de rue des fidèles musulmans le vendredi, les minarets et, plus concrètement, la place de l’islam en France.
Ces thématiques ont ouvert la voie à des dérapages racistes et des discours  stigmatisant la communauté musulmane, faisant d’elle, le problème central de la question sécuritaire dans la société française en en proie à une crise socio-économique  de plus en plus pesante.  Outre les profanations de tombes de cimetières musulmans dans différentes régions de France, avec des inscriptions insultantes envers l’Islam et les incendies  d’édifices cultuels, soit sept mosquées pour le seul mois de novembre, les données de l’Observatoire de l’islamophobie sur le sujet sont édifiantes.          Son responsable Abdallah Zekri déplore ainsi, qu’au cours des premiers  mois de l’année, des tracts insultants, des menaces de mort contre des pratiquants musulmans, des pages du Saint-Coran brûlés, ou jetés dans des lieux insalubres,  ont été constatés, sans compter les violences anti-musulmanes, menées par des réseaux qui organisent des campagnes contre la construction de mosquées. Une hausse de 34 % des actes d’agressions, d’insultes verbales, d’incendies visant des lieux de culte ou des profanations, a été enregistrée au cours de l’année en cours, signale cette instance qui s’inquiète de l’augmentation « très  importante » des actes islamophobes qui s’en prennent aux signes visibles du  culte musulman dans une pays qui fait pourtant du respect des droits de l’homme et des libertés individuelles, sa « devise ». Quelque 45 atteintes pour lesquelles il y a eu dépôt de plainte ont été enregistrée pour le seul premier trimestre de l’année 2011, selon l’observatoire  qui considère qu’il faut multiplier les chiffres officiels par deux si l’on tient compte des actes pour lesquels il n’y a pas eu de dépôt de plainte.  Un phénomène devenu « trop grave » pour ne pas s’en préoccuper et l’intolérance  gagne du terrain et prend de l’ampleur « à mesure que les échéances électorales se rapprochent en France », estime-t-on par ailleurs. Ces actes anti-musulmans ont mis en évidence un rejet flagrant  de l’islam et de ses fidèles, entretenu par une frange de la classe politique  française et de médias grand public qui entretiennent l’ignorance construite  sur les peurs que l’Islam constitue une menace. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) de  même que le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) confirment dans  leurs rapports respectifs que les sentiments xénophobes et l’intolérance « gagnent  du terrain », ouvrant le champ à une forte hausse des actes stigmatisant les musulmans. Les Maghrébins demeurent les principales cibles de ces actes et 36 % d’entre eux, en ont été victime durant l’année, affirment ces deux instances. « Il faut que les hommes politiques prennent conscience de l’impact de leurs déclarations sur la cohésion sociale », a récemment estimé Régis de Gouttes, membre de la CNCDH. Lire la suite…

Quand le FBI forme ses agents à l’islamophobie

Le blog « Danger Room » s’est procuré un document utilisé pour la formation des agents, décrivant l’islam comme radical et violent par nature. Par Jérôme Hourdeaux.

Un des graphiques utilisés pour la formation des agents du FBI (DR)
Un des graphiques utilisés pour la formation des agents du FBI (DR)

Le blog américain « Danger Room », spécialisé dans les questions militaires et de contre-espionnage, s’est procuré une série de documents utilisés par le FBI pour former ses agents et dépeignant l’islam comme une religion par nature radicale et violente.

Dans ce cours de 12 pages, destiné aux agents spécialisés dans le contre-terrorisme, le FBI ne semble à aucun moment faire la différence entre musulmans, islamistes radicaux et terroristes religieux. Bien au contraire, il tente à plusieurs reprises de « prouver » que lesmusulmans « mainstream » (terme qui pourrait se traduire par « grand public », ou « majoritaires ») sont sympathisants du terrorisme en puissance. Même la charité, un des piliers de l’islam, ne serait qu’un moyen de « financer les mécanismes de combats ». Lire la suite…

11 septembre: « Le choc des civilisations est largement derrière nous »

11 septembre: "Le choc des civilisations est largement derrière nous"

Les tours jumelles du World Trade Center.  AFP PHOTO SETH MCALLISTER

Francois Durpaire, professeur d’histoire-géographie spécialiste des Etats-Unis a répondu aux questions des internautes de LEXPRESS.fr. Il nous livre son analyse des ruptures et continuités historiques engagées après le 11 septembre 2001.

Ines: L’islamophobie engendrée par le 11 septembre est-elle portée à se développer dans les prochaines années? Les révolutions arabes vont-elles changer quelque chose?

Il y a deux données à prendre en compte pour répondre. La présence musulmane qu s’enracine aux Etats-Unis, et avec elle, l’intégration dans la société américaine (des couples mixtes musulmans et non musulmans) et la dimension géostratégique. Le choc des civilisations est largement derrière nous. La complexité du monde musulman est désormais mieux comprise de l’Amérique.

yannbdx: En quoi le combat et la mort du commandant Massoud a-t-elle influencé la destinée géostratégique du monde?

Cette question est passionnante, dans la mesure où elle met en interférence l’échelle locale – les rapports de pouvoir au sein d’un pays – et l’échelle globale. Mais à ce stade l’historien ne peut pas déterminer les conséquences réelles de la mort du commandant Massoud. Nous travaillons sur un temps très contemporain. Nous ne pouvons formuler que des hypothèses. Le succès de Massoud aurait probablement changé le cours du monde.  Lire la suite…

Park 51: symptôme d’une islamophobie de retour

Christophe Deroubaix

11 septembre 2001 – 11 septembre 2011, notre série islam et islamophobie (5/5). New York, envoyé spécial. C’est une petite rue toujours sombre, coincée entre deux grandes avenues dans la partie sud de Manhattan, où les passants sont peu nombreux et les commerces presque inexistants. Pourtant, Park Place (qui n’est pas une place malgré son nom) est depuis plusieurs mois l’une des artères dont on parle le plus aux Etats-Unis. Au numéro 51, la présence permanente de policiers en faction rappelle que la fièvre n’est pas encore retombée.

Tout a commencé avec  un projet baptisé « Park 51″. Il s’agissait de rénover le bâtiment délabré pour en faire un centre culturel musulman. Il y a des centaines de centres de ce type à New York et dans ses environs. La particularité (si c’en est vraiment une) de celui-ci est qu’il se trouve à quelques centaines de mètres de l’ancien World Trade Center devenu depuis les attentats terroristes du 11 septembre le « Ground Zero ». Des groupes extrémistes – mêlant la galaxie de la droite religieuse, les groupuscules racistes et les organisations islamophobes, le tout sous la houlette de leur égérie, Pamela Geller, fondatrice de « Stop Islamization of America – se sont alors emparés du sujet pour le transformer sujet de « choc des civilisations ». Lire la suite…