Islamophobie: trois victimes sur quatre ne portent pas plainte
Ricardo Gutiérrez
Un « Livre blanc » dresse l’état des lieux de l’islamophobie en Belgique francophone. Trois victimes sur quatre ne donnent aucune suite aux discriminations ou violences subies. La nouvelle plateforme associative musulmane Muslim Rights répétera l’exercice chaque année.

J’étais à l’arrêt de bus avec une autre amie aussi convertie et on attendait le bus pour aller chez moi. De jeunes hommes sont arrivés et voyant qu’on était des Belges devenues musulmanes avec un foulard, ils nous ont arrachés le foulard et nous ont traitées de ‘collabos’. On a eu tellement peur et nous ne savions pas ce que nous avions fait pour mériter ça » Le Livre blanc de l’islamophobie, publié ce jeudi, par la nouvelle plateforme associative Muslim Rights, s’ouvre sur le témoignage de Virginie, une jeune musulmane de Charleroi.
C’est la force de ce premier état des lieux : il est basé sur près de 600 témoignages concrets de citoyens de confession musulmane qui s’estiment discriminés en raison de leur religion. Quel bilan tirer des 576 faits enregistrés ? Muslim Rights tire quatre grandes conclusions de son enquête :
1. Les femmes sont davantage ciblées. Globalement, deux personnes discriminées sur trois (61,8 %) sont des femmes, et la proportion monte même à trois sur quatre si on s’en tient aux faits portant sur les pratiques vestimentaires.
2. Les jeunes sont davantage visés. L’enquête montre que deux personnes discriminées sur trois (62 %) sont des jeunes de moins de 30 ans. A peine 2 % des cas concernent des citoyens musulmans âgés de plus de 49 ans.
3. La discrimination à l’emploi est banalisée. C’est dans le domaine de l’emploi que les discriminations sont les plus courantes, après les agressions verbales et les manifestations de haine via internet ou les médias : 33 % des témoignages portent sur des refus d’embauche, de stage ou de promotion justifiés par la conviction religieuse des victimes.
4. Les victimes ne portent pas plainte. Enfin, l’enquête montre que trois personnes s’estimant victime d’islamophobie sur quatre (74,8 %) restent sans réaction. A peine 3 % signalent les faits au Centre pour l’égalité des chances, et 4 % portent plainte en justice ou auprès de la police. A noter : le succès relatif des procédures de médiation ou de conciliation (18 % des victimes optent pour cette voie).
A lire : la version intégrale du « Livre blanc sur l’état de l’islamophobie en Belgique francophone »
http://www.lesoir.be/



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Qu’on ne voie surtout nulle provocation dans l’expression « fantomatique » accolée à l’Oni qui relèverait du CFCM (Conseil français du culte musulman). Abdallah Zekri n’est pas président d’une commission du CFCM, c’est un simple « chargé de mission » et sur le site du Conseil, sa page était encore ce jour « en construction ». Je « m’en » félicite et le déplore à la fois : je souhaiterai ardemment que cet observatoire n’ait pas lieu d’être, tant les faits dénoncés seraient marginaux ; je trouve néfaste qu’on ne puisse se faire une idée plus précise de ce qu’Abdallah Zekri dénonce à très juste titre.
D.R

Tout a commencé avec un projet baptisé « Park 51″. Il s’agissait de rénover le bâtiment délabré pour en faire un centre culturel musulman. Il y a des centaines de centres de ce type à New York et dans ses environs. La particularité (si c’en est vraiment une) de celui-ci est qu’il se trouve à quelques centaines de mètres de l’ancien World Trade Center devenu depuis les attentats terroristes du 11 septembre le « Ground Zero ». Des groupes extrémistes – mêlant la galaxie de la droite religieuse, les groupuscules racistes et les organisations islamophobes, le tout sous la houlette de leur égérie, Pamela Geller, fondatrice de « Stop Islamization of America – se sont alors emparés du sujet pour le transformer sujet de « choc des civilisations ». 


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