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Articles taggués ‘laïcité’

L’islam de France se cherche un leader

Par Jean-Marie Guénois
635934-01-02.jpgLe succès de la prestation de Tariq Ramadan, au Bourget, le 7 avril dernier, démontre que les musulmans de France, certes très divisés, sont en quête d’un leader pour les représenter. On peut gloser sur les difficultés du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) ou sur les problèmes de l’Union des organisations islamistes de France (UOIF)qui organisait la rencontre. Mais l’appétence témoignée pour ce leader charismatique, lui aussi critiqué dans les rangs de l’islam, démontre que les fractures de l’islam de France seraient vite sublimées si un homme se levait, capable de rassembler.

Il est désormais évident que ce ne sont pas les institutions de l’islam – Mosquée de Paris ou CFCM – qui auront cette aptitude.

Elles sont, comme toutes les institutions, frappées du doute chez les jeunes générations qui ne leur accordent que peu de confiance. Ces générations les accusent d’être trop proches de l’Etat ou de ne pas répondre aux problèmes concrets des jeunes de banlieue.

Ces vieilles dames sont comme toutes les institutions, frappées par un changement de paradigme, imposé par internet. La communication ou chacun est son propre media portatif et individuel, modifie les flux «d’irrigation » des communautés culturelles ou religieuses. Lire la suite…

Le texte sur la laïcité irrite le Conseil du culte musulman

L’organisme dénonce une «violation du droit à la vie privée», après l’adoption par le Sénat d’une proposition de loi étendant le principe de laïcité aux crèches et au domicile des assistantes maternelles.

Les mères voilées veulent «être traitées comme les autres». (Photo Philippe Huguen. AFP)

Le Conseil Français du culte musulman (CFCM) a qualifié jeudi de «violation du droit à la vie privée», la proposition de loi sur le principe de laïcité dans les crèches, les centres de loisirs et chez les assistantes maternelles, adoptée mardi par le Sénat.

Ce texte a été présenté par la sénatrice Françoise Laborde (RDSE, à majorité radicaux de gauche), après une tentative interrompue, le 7 décembre, à la suite d’un vif débat, y compris au sein de la gauche. C’est l’article 3 du texte qui a suscité l’essentiel des critiques, certains experts de la laïcité l’ayant même qualifié de «grotesque».

Il prétend appliquer le principe de laïcité aux assistantes maternelles accueillant des enfants à domicile, au prétexte que «les parents peuvent vouloir une nounou qui soit « neutre » sur le plan religieux», selon Mme Laborde.

«Limitation disproportionnée»

Dans un communiqué, Mohammed Moussaoui, président du CFCM, considère que «la limitation préconisée par cette proposition de loi constitue une violation du droit à la vie privée consacré par la Convention européenne des droits de l’homme et apparaît incontestablement comme disproportionnée». Lire la suite…

Le halal met-il vraiment la laïcité en péril ?

Le mot halal se déguste à toutes les sauces. D’une saveur exotique, il s’est invité à la table de tous les médias, de tous les politiques, de bon nombre de citoyens aussi. Mets de polémique, il épice à coups sûr les repas familiaux, au point de fédérer autour de lui ses partisans face à ses détracteurs… Étrange destinée pour un mot qui étymologiquement signifie « licite, ce qui est autorisé »… Mais l’islam nourrit tant de fantasmes, que l’on s’y noie un peu au point d’en faire une indigestion.

De la viande halal en magasin à Nanterre, le 1er août 2011 (MIGUEL MEDINA / AFP)

De la viande halal en magasin à Nanterre, le 1er août 2011 (MIGUEL MEDINA / AFP)

Que recouvre au juste le mot « halal » ? Contrairement aux idées reçues, et contrairement au mot « casher », il qualifie non pas un mode de consommation, ou certains aliments mais bien presque exclusivement la viande, car à l’exception de l’alcool, c’est le seul interdit qui régit l’alimentation des musulmans selon le Coran, guidés par la Sourate V, 4 :

« Les animaux morts, le sang, la chair de porc, tout ce qui a été tué sous l’invocation d’une autre nom que celui de Dieu, les animaux assommés, tués ; ceux qui ont été entamés par une bête féroce, à moins que vous ne les ayez purifié par une saignée, ce qui a été immolé à l’autel des idoles ; tout cela vous est défendu. » Lire la suite…

Les entreprises s’adaptent au ramadan

Pendant longtemps, le ramadan n’a pas fait partie des préoccupations des entreprises françaises. Mais avec une pratique et des demandes de plus en plus présentes de la part des salariés, les directions ont dû se saisir de la question, tout en garantissant la bonne gestion de leurs entreprises.

Bien que le principe de laïcité ne s’applique qu’au service public, certaines entreprises l’évoquent pour refuser les demandes des salariés faisant le ramadan. Ces demandes sont en général des aménagements d’horaires pour les métiers physiques, en extérieur ou pour finir une heure plus tôt étant donné que la pause-déjeuner n’est pas prise. Pour pouvoir rompre le jeûne, Brahim, employé dans une société d’exportation, demande à partir plus tôt quand le ramadan tombe en hiver, ce à quoi sa direction a toujours répondu favorablement. D’autres au contraire ne demandent pas d’aménagements, soit parce que le principe du ramadan est justement l’apprentissage de la maîtrise de soi et de la patience, soit par discrétion. Mohamed, employé dans une société de transit maritime et aérien, est dans ce dernier cas. Il n’éprouve pas vraiment le besoin de modifier son emploi du temps et ne veut pas s’imposer. Il est pourtant convaincu que sa direction serait ouverte à ce genre de demandes. Les blocages dans son entreprise viendraient plutôt de certains employés qui montrent leurs collègues musulmans du doigt pour leurs pratiques. Lire la suite…

La laïcité française serait-elle anti-musulmans ?

Laïcité

Au regard des différentes polémiques visant la pratique du culte musulmans au nom de la laïcité, vous avez peut être tout comme nous émis des doutes sur les intentions de ceux qui nous gouvernent. Il est vrai que ces dernières années seule la communauté musulmane a vue son espace de liberté se réduire. Interdiction du voile à l’école en 2004, interdiction du voile intégral, sans oublier toutes les récentes polémiques sur la visibilité de l’islam comme les minarets, le Quick halal, les créneaux non mixtes dans les piscines, la polygamie…tout cela au nom de la laïcité. Une campagne tellement agressive à l’égard des musulmans au point que la communauté Sikh se dit victime d’islamophobie et la communauté juive tire la sonnette d’alarme.

La communauté juive a raison de s’affoler contre les attaques successives de l’UMP à l’égard des musulmans. Même si un certain nombre de polémiques montrent du doigt directement des pratiques musulmanes, elles concernent aussi des pratiques juives. Créneaux horaires non mixtes pour la piscine, abattage casher des animaux, célébration de Hanouka, financement d’établissements  loubavitch par l’État… sont autant d’acquis que souhaitent conserver les juifs de France.

Dans l’optique de dénoncer la laïcité à géométrie variable pratiquée par l’UMP, le journal Médiapart s’est intéressé aux concours des grandes écoles et ce qui a été découvert confirme ce que chacun savait deja, la défense de la laïcité n’est qu’un prétexte utilisé à des fins politiques pour justifier les attaques envers la pratique de l’islam et la communauté musulmane de France.

Sur demande de l’Elysée, quelques étudiants juifs pratiquants vont pouvoir passer dans la seconde quinzaine du mois d’avril les concours d’entrée à plusieurs grandes écoles, ceux des Mines, des Ponts, de Centrale et de Supélec, pour partie en dehors des sessions normales d’examen. Des sessions secrètes de nuit ont été prévues, avec un confinement préalable des candidats concernés plusieurs heures avant.

Comme vous pouvez le voir, la laïcité est arrangeante pour certaines communautés mais offensive et prohibitive lorsqu’il s’agit de l’islam et de la communauté musulmane. Bravo à l’UMP pour cette démonstration d’égalité fraternité.

http://www.ajib.fr/

Laicité française : stigmatisation pour les musulmans et clientélisme pour les autres

C’est un fait exceptionnel dans l’histoire de l’éducation nationale. Sur demande de l’Elysée, quelques étudiants juifs pratiquants vont pouvoir passer dans la seconde quinzaine du mois d’avril les concours d’entrée à plusieurs grandes écoles, ceux des Mines, des Ponts, de Centrale et de Supélec, pour partie en dehors des sessions normales d’examen. Des sessions secrètes de nuit ont été prévues, avec un confinement préalable des candidats concernés plusieurs heures avant.

Alors que le chef de l’Etat, relayé par son ministre de l’intérieur Claude Guéant, orchestre depuis des semaines une campagne de stigmatisation ciblant les immigrés d’origine arabe, l’affaire que révèle Mediapart met en évidence que la défense de la laïcité, souvent avancée pour justifier cette politique, n’est en réalité qu’un prétexte. A preuve, le chef de l’Etat n’a pas le moindre scrupule à violer, quand il le veut, le principe de la laïcité.

L’organisation des concours aux grandes écoles suit un processus méticuleux, encadré par la loi et une jurisprudence fournie. Les dates sont choisies de telle sorte qu’elles ne chevauchent naturellement pas les jours fériés, qui recoupent notamment certaines fêtes de la religion catholique. Les organisateurs des concours doivent aussi fixer des dates qui ne chevauchent pas non plus ce qu’il est convenu d’appeler « les dates religieuses protégées ». En clair, chaque année, un arrêté ministériel établit un calendrier fixant les « autorisations d’absence pouvant être accordées à l’occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions ». Les examens publics ou les concours d’entrée aux grandes écoles n’ont donc jamais lieu à ces dates.

Pour l’année 2011, une circulaire en date du 2 décembre 2010, signée par le ministre du budget, François Baroin, et le secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, Georges Tron, donne ces dates religieuses protégées, qu’il s’agisse des fêtes orthodoxes (6 et 19 janvier, 22 avril, 2 juin), des fêtes arméniennes (6 janvier, 3 mars, 24 avril), des fêtes musulmanes (15 février, 30 août, 6 novembre), des fêtes juives (8 et 9 juin, 29 et 30 septembre, 8 octobre) ou encore de la fête bouddhiste (17 mai).

C’est en quelque sorte le mode d’emploi d’une République laïque, mais tolérante : la vie publique est organisée de telle sorte que chacun puisse pratiquer un culte, s’il le souhaite.

Cette organisation est souvent contestée. Des candidats demandent des exemptions complémentaires mais butent à chaque fois sur une jurisprudence constante du Conseil d’Etat. Car la loi française est très claire. Elle est rappelée par une circulaire de 2004 sur la laïcité signée par François Fillon (il s’agit de la circulaire n°2004-084 du 18.5.2004, JO du 22.5.2004) qui édicte en particulier ceci :

« Des autorisations d’absence doivent pouvoir être accordées aux élèves pour les grandes fêtes religieuses qui ne coïncident pas avec un jour de congé et dont les dates sont rappelées chaque année par une instruction publiée au B.O. En revanche, les demandes d’absence systématique ou prolongée doivent être refusées dès lors qu’elles sont incompatibles avec l’organisation de la scolarité. L’institution scolaire et universitaire, de son côté, doit prendre les dispositions nécessaires pour qu’aucun examen ni aucune épreuve importante ne soient organisés le jour de ces grandes fêtes religieuses. »

Sur la sellette, les 20 et 26 avril Cette jurisprudence est d’ailleurs confortée par un arrêt célèbre du 27 octobre 1972, dit arrêt Vivien Prais, de la Cour de justice des communautés européennes qui a prononcé le rejet d’une requérante demandant à passer un concours des Communautés européennes à une autre date que celle prévue, en raison de ses convictions religieuses. Lire la suite…