Archive

Articles taggués ‘Ramadan’

Le ramadan ou le deuxième Noël des commerçants

Durant le mois de ramadan, jeûner rime souvent avec consommer. Et ce, pour le plus grand bonheur des commerçants et de la grande distribution, qui tirent bien leur épingle du jeu.

Etal de viande halal à Rungis © Anaïs Toro-EngelEn France, «près de 350 millions d’euros sont dépensés par les ménages musulmans pendant le mois de ramadan».

Cette estimation publiée par le cabinet Solis, spécialisé enétudes marketing, ne fait aucun doute: si le ramadan est une célébration religieuse clé de la religion musulmane, c’est aussi une belle opportunité pour les commerçants et l’industrie agroalimentaire pour augmenter leur chiffre d’affaires.

Pendant les trente jours de jeûne, les musulmans s’abstiennent de manger ou de boire du lever au coucher du soleil… et se rattrapent le soir.

Le paradoxe est que la consommation moyenne des familles musulmanes de France augmente, avec des dépenses jusqu’à 30% supérieures au reste de l’année. On se fait plaisir, et on veut faire plaisir. Lire la suite…

Le ramadan, une opportunité commerciale

Hafèdh Moussaoui

Dans les grandes villes comme Lyon, certains quartiers s’animent dès le matin autour des petits commerces et des vendeurs à la sauvette qui proposent tout ce qu’il faut pour la rupture du jeûne. Un reportage du quotidien algérien El-Watan.

Vente de gateaux à Paris pour célebrer le début de la période de jeûne.

Vente de gateaux à Paris pour célebrer le début de la période de jeûne.

Lyon, la troisième ville de France, accueille une importante communauté de confession musulmane de toutes nationalités. Dans cette ville de 479 800 habitants, selon un recensement effectué en 2009, chaque communauté religieuse, de la plus importante à la plus confidentielle – témoins de Jéhovah ou adeptes du spiritisme – a ses lieux de culte. Les musulmans lyonnais ont à leur disposition la grande mosquée du 8e arrondissement et de multiples autres mosquées et salles de prière.

Le fief historique des Algériens est incontestablement la place Gabriel Péri plus connue sous le nom de place du Pont, dans le quartier de la Guillotière. En ce ramadan 1433 [année de l'hégire, départ du prophète de La Mecque pour Médine, date importante dans le calendrier musulman], on y vient de Vénissieux, Bron, St-Fons ou Vaulx-en-Velin pour y faire ses emplettes. Dès le matin, le quartier est en pleine activité. Les épiceries spécialisées en produits maghrébins, dattes, sodas algériens, couscous et autres pâtisseries orientales, ainsi que les boucheries halal ne désemplissent pas de la journée. Ici, les commerçants arméniens, juifs et arabes ont pignon sur rue. Pour 9 euros le menu, de petits restaurants offrent des repas traditionnels de rupture du jeûne (iftar). Une foule bigarrée et cosmopolite vaque à ses occupations en ce jour de jeûne.

On parle un amalgame de français, d’arabe et de tamazight [la langue berbère] fort attrayant qui guérit du dépaysement et de la nostalgie du bled. Dans l’après-midi, l’activité redouble d’intensité.
Un marché se forme sur une partie de la place du Pont. Des marchands à la sauvette, dont des femmes, proposent des feuilles de brick et des boureks maison. Dans le souci d’offrir un supplément de confort à la communauté musulmane, la municipalité permet, contre la modique somme de 1,50 euro, à ces revendeurs occasionnels d’obtenir une patente pour s’adonner à cette activité faisant le bonheur des jeûneurs.

Ceux-ci peuvent aussi se ravitailler dans les grandes surfaces de la ville. Ayant pesé le poids économique de la communauté musulmane, les grandes enseignes de distribution, Auchan, Carrefour et Leclerc n’hésitent plus à consacrer des gondoles entières aux produits dits ethniques. Comme Noël, Pâques, le nouvel an chinois ou la rentrée des classes, le ramadan est désormais une opportunité de décupler leurs dividendes. Visiblement, le poids économique de la communauté musulmane, dont ce rite annuel a pour caractéristique de fortement booster la consommation, n’est plus négligeable.

Mais tout cela ne veut pas dire que le ramadan est une sinécure à Lyon. Outre le fait de jeûner dans un environnement urbain non musulman où toutes les tentations s’offrent aux individus, les musulmans de France ne bénéficient pas d’un aménagement des horaires de travail comme cela se fait dans les pays musulmans, et les journées estivales sont longues sous ces latitudes. La radio communautaire, Salem, annonce la rupture du jeûne vers 21 h 30. « Je fais le ramadan depuis mon enfance, et c’est à chaque fois l’occasion de découvrir un autre aspect de moi-même et des autres », confie Zohir, un gone [nom donné aux jeunes Lyonnais] né en 1975 à Lyon de parents algériens. Chauffeur d’engins de travaux publics, marié et père d’un petit garçon, il travaille de 6 heures à 16 heures. Habitant non loin de la place du Pont, il y vient pour y faire ses commissions « spéciales ramadan », épices pour la chorba [soupe épaisse à base de viande de mouton] et la doubara [plat à base de pois chiches ou de fèves]. Il assure que Lyon est une ville où la tolérance et le vivre ensemble ne sont pas des termes creux.

http://www.courrierinternational.com/

Table ouverte à la mosquée pour le ramadan

Lætitia VOLGA

La mosquée d’Angoulême sert les repas de rupture du jeûne pendant le mois du ramadan. Ce moment de partage est ouvert à tous, en particulier aux plus démunis.

L\'année prochaine, les femmes pourront cuisiner dans une pièce deux fois plus grande. Elle est actuellement en cours de travaux. Photos Quentin Petit

L’année prochaine, les femmes pourront cuisiner dans une pièce deux fois plus grande. Elle est actuellement en cours de travaux. Photos Quentin Petit

Ça sent bon dans la cuisine de la mosquée d’Angoulême, rue de la Charité. Une dizaine de femmes cuisinent, des mères au foyer et beaucoup de retraitées. Les unes coupent les légumes pour la soupe, d’autres s’occupent de roussir la viande. Dans l’espace réduit, on peut aisément se marcher sur les pieds. Mais comme elles sont organisées, les préparations avancent lentement mais sûrement.

Pendant le ramadan, le rituel est chaque jour le même. Les femmes du quartier se retrouvent à la mosquée pour préparer l’iftar, le repas de rupture du jeûne. Bénévoles, elles prennent de leur temps pour préparer de bons petits plats pour les personnes seules, célibataires ou étudiants.

Aujourd’hui, le menu est copieux: une soupe de légumes, un tajine tunisien (une quiche sans pâte, à base de viande, d’oeufs et de curcuma), de la choukchouka (une ratatouille relevée à partager dans un même plat) et de la viande d’agneau accompagnée de salsifis.

Cette rupture du jeûne à la mosquée a été mise en place l’année dernière. «Une des bénévoles a vu à la télévision que cela existait ailleurs», explique Zoulikha, la coordinatrice du groupe.

Pratiqué par 80 % des musulmans, le ramadan revêt une importance bien particulière.«On se doit de penser davantage aux pauvres et de les aider. Grâce aux aumônes des fidèles, on peut offrir un tel service gratuitement», déclare Kader Bouazza, président de l’Association des musulmans de Charente.

Entre les débuts du projet et aujourd’hui, le nombre de bénévoles a doublé. Et vient qui veut, selon ses disponibilités. A travers les assiettes, on voyage dans différents pays d’Afrique – Soudan, Algérie, Maroc ou Sénégal. Pour les femmes, c’est l’occasion d’apprendre de nouvelles recettes, de partager un moment entre amies et d’aider les autres.

Un dîner ouvert à tout le monde

Et où sont les hommes pendant ce temps-là ? À la maison pour beaucoup. Ils ne prennent le relais qu’une fois les marmites pleines, en assurant le service du soir. A ce moment-là, les femmes rentrent chez elles se reposer… et préparer le repas de leur famille. «On cuisine pour les nécessiteux et après pour notre foyer. Au moment de casser le jeûne, on reste chez nous en famille.»

Le soir venu, la mosquée se remplit pour la quatrième prière de la journée. Celle qui a lieu à la tombée du soleil. Les bénévoles masculins ont déjà dressé les deux longues tables dans la salle à manger.

Après la rupture du jeûne, avec une datte et un verre de lait, une douzaine d’hommes se mettent à table. Des jeunes, des vieux, que des hommes. «À la mosquée, les hommes et les femmes sont toujours séparés, rappelle Mohamed, de l’Association des musulmans de Charente. Si des femmes veulent venir manger, on mettra une table dans leur salle, mais il n’y a pas de demande.»

Moussa est à Angoulême depuis un an. Il a trouvé à la mosquée une nouvelle famille.«Le repas du ramadan a une autre signification et je préfère venir à la mosquée le partager», explique le jeune Comorien.

Il n’y a pas que les musulmans qui peuvent venir souper à la mosquée. Tout le monde est bienvenu. Si quelqu’un est dans le besoin, «on va l’accueillir», souligne Mohamed.«C’est l’esprit du ramadan.»

http://www.charentelibre.fr/

Ramadan de toutes les réjouissances…

ÉCRIT PAR ASSANE SOUMANA

La communauté musulmane a célébré, hier, la fête de Ramadan. Cette échéance tant attendue est l’aboutissement d’une série d’épreuves pour les pères de famille. Ainsi, après avoir passé, tant bien que mal, le cap des dépenses quotidiennes liées à la préparation des mets qui achalandent chaque soir la table pour la rupture du jeûne, les fidèles ont dû faire face aux dépenses entrant dans le cadre des préparatifs de la fête.

En effet, cet important événement impose deux rubriques budgétaires incontournables, à savoir les vêtements pour la famille et le repas de fête. A Niamey, et sans doute dans les autres villes du pays, la fièvre des préparatifs de la fête est montée d’un cran à partir de vendredi 26 août dernier, avec le démarrage du paiement des salaires aux fonctionnaires, sur instruction de plus hautes autorités.

Le lundi, veille du jour ‘’J », la situation était des plus explosives. Autour des centres commerciaux, comme le Petit marché et le Grand marché, la circulation est sujette à des scènes d’embouteillages aussi intenses que permanentes. Pour se rendre dans ces deux pôles d’attraction, on pouvait mieux faire confiance à ses pieds qu’à la plus somptueuse des voitures. Tant il est vrai qu’à certains endroits, l’impasse était totale au grand dam des automobilistes qui ne savent plus où donner du volant. Lire la suite…

L’Islam libre des Turcs locaux

La prière communautaire qui a ouvert le premier jour de  Ramazan Bayrami appelait   à la fraternité. La communauté musulmane des Balkans (Bosniac, Macédoniens) avait également sa place aux côtés des musulmans turcs.  Photo M. G.

La prière communautaire qui a ouvert le premier jour de Ramazan Bayrami appelait à la fraternité. La communauté musulmane des Balkans (Bosniac, Macédoniens) avait également sa place aux côtés des musulmans turcs. Photo M. G.

Il est 8heures moins le quart, le soleil tape déjà sur le quartier de la Sablière. Dans le local de l’Association des travailleurs turcs, une centaine d’hommes agenouillés sur des tapis écoute le prêche d’un l’imam, ouvrant le premier jour de Ramazan Bayrami (fête du ramadan en turc, littéralement réapparition de la lune). Envoyé par l’État de Turquie, l’imam est venu spécialement d’Ankara pour passer le mois du ramadan aux côtés de la communauté turque de Montceau. « Nous essayons de faire vivre l’esprit de ce mois sacré de l’Islam, comme cela se pratique en Turquie », explique M. Ozturk, un jeune Montcellien d’origine turque, avocat au barreau de Chalon. Lire la suite…

Les Veillées du Ramadan deviennent le Festival des Cultures d’Islam

En 2011, les Veillées du Ramadan reviennent à Paris sous le nom de « Festival des Cultures d’Islam ». Du 7 au 17 septembre, l’Institut des cultures d’Islam se penche sur l’empreinte laissée par les attentats du 11 septembre 2001 sur toute une religion.

A travers une programmation culturelle décloisonnée et pluridisciplinaire,l’Institut des cultures d’Islam se veut le reflet d’un contexte laïque et moderne. Le festivalIslam & the City en est une des manifestations.
Cette 6e édition des Veillées du Ramadan, rebaptisée « Festival des Cultures d’Islam », est intégralement dédiée aux attaques terroristes du11 septembre 2001 qui ont eu un impact profond sur les représentations de l’islam et des communautés musulmanes dans le monde entier. Islam & the City explore tous les aspects des relations entre l’islam et l’Amérique, à travers des expositions, spectacles, concerts, débats, films et ateliers. Souhaitant décomplexer la question, l’Institut proposera punk islam, country soufie ou stand-up, offrant matière à réfléchir. Lire la suite…

Le ramadan 2011 rapporterait 400 millions d’euros à l’économie française

Le ramadhan, mois durant lequel les musulmans multiplient leur consommation, rapporterait 400 millions d’euros à l’économie française, selon l’agence Ecofine, spécialisée dans l’information économique et financière.

Se basant sur des chiffres d’un sondage réalisé récemment en France et selon lesquels 71% des 5 millions de musulmans vivant en France observent le ramadan cette année, elle a déduit que ces derniers verront leurs consommations multipliées par deux, ce qui entraine une dépense de l’ordre de 400 millions d’euros. Le développement de la consommation halal ou « consommation éthique musulmane » évaluée à 5 milliards d’euros par an, amène des grands distributeurs à prévoir l’ouverture d’une vingtaine de superettes dédiées spécifiquement à cette clientèle sur le territoire français, relève Ecofine qui signale l’emplacement de grands distributeurs de produits halal dans des régions dont la clientèle est constituée entre 8 % et 50 % de musulmans. Une enquête publiée en novembre 2010 par le cabinet de conseil Insights Symphony IRI Group affirmait que le chiffre d’affaires des produits halal vendus en magasins a augmenté de 23 % sur les douze derniers mois à 140 millions d’euros pour un marché estimé à 5,5 milliards d’euros. Selon la revue mensuelle Capital, ce marché pèse 6 milliards d’euros et progresse de 10 % par an. A en croire une enquête rendue publique récemment par le journal La Croix, les musulmans de France pratiqueraient plus qu’il y a vingt ans et sont de plus en plus à observer le jeune durant le mois sacré du ramadhan. Près des trois quarts (71 %) des personnes se déclarant de religion musulmane en France vont jeûner cette année durant tout le mois de Ramadhan, selon l’enquête sur les musulmans en France. Lire la suite…

Vivre pleinement le Ramadan au centre Avicenne

 

C'est la prière de l'Icha, la dernière de la journée, qui rassemble le plus de fidèles.

C’est la prière de l’Icha, la dernière de la journée, qui rassemble le plus de fidèles.

Depuis le 1er août, la communauté musulmane de Rennes observe le Ramadan. Un mois de jeûne et de prières sous le signe de la fraternité.

Il est 21 h. Le centre culturel islamique Avicenne de Villejean, inauguré en 2006, est encore calme. L’heure officielle du coucher du soleil, en ce vendredi 19 août, est fixée à 21 h 15. Les fidèles commencent à franchir les portes du sanctuaire, après avoir pris soin d’ôter leurs chaussures.

À l’heure dite, le signal du repas retentit. Juste le temps d’engloutir quelques dattes, et un peu de thé à la menthe, que tout le monde se rend dans la mosquée pour la prière du Maghreb. Pendant quelques minutes, les fidèles se recueillent, le regard tourné vers la Mecque, avant de se remettre à table pour un repas bien mérité.

Un mois de partage et de solidarité

Le repas de rupture de jeûne est offert à tous par le centre Avicenne, grâce aux dons des fidèles. « Le mois de Ramadan est synonyme de partage et de solidarité, indique Bouazza Talibi, trésorier du centre culturel islamique Avicenne. C’est pourquoi notre association a décidé de préparer un grand repas tous les soirs. Tout le monde est le bienvenu, même les non musulmans. » Lire la suite…

La solidarité dopée par le ramadan

MARGAUX AGNÈS, PARIS

Une campagne d’affichage du Secours Islamique France à Paris.

Mois de jeûne et d’une pratique plus assidue de la religion, le ramadan est aussi une période de solidarité et de partage, grâce à la collecte de la zakât al fitr. Cette dernière, ressource importante des associations musulmanes, leur permet d’organiser des repas de solidarité pour les plus démunis. Lire la suite…

Le don, cet autre pilier de l’islam

En France et dans de nombreux pays musulmans, le mois de ramadan est cette année l’occasion d’une mobilisation particulière pour aider les victimes de la catastrophe humanitaire que vit la Somalie.

En Turquie, par exemple, plus de 85 millions d’euros ont déjà été récoltés par des dizaines de mosquées, associations, entreprises et ONG. Dernièrement, c’est l’Union des chambres de commerce et d’artisan d’Ankara qui a promis de reverser les revenus d’une journée de travail des chauffeurs de minibus aux Somaliens. Le ramadan est une période particulièrement propice aux dons puisqu’il représente non seulement le moment où doit être versée l’aumône de la rupture du jeûne (zakât al fitr), mais il est aussi une période où les croyants doivent être bien plus généreux que d’habitude. « La meilleure aumône est celle qui est donnée pendant le mois de ramadan » dit d’ailleurs un hadith bien connu. La zakât al fitr, qui, dans les premiers temps de l’islam était donnée sous forme alimentaire, doit être versée avant la fête du ramadan et a pour objectif de permettre aux plus démunis de passer l’aïd al fitr dans de meilleures conditions. Plus généralement, la solidarité et la générosité ont une place quasi-rituelle dans la vie des croyants durant ce mois. Ainsi, pour jeûner comme il se doit il ne suffit pas de s’abstenir de manger, il faudrait aussi permettre à ceux qui jeûnent, en quelque sorte malgré eux et tout le temps, de manger un peu mieux durant ce mois. C’est l’occasion de rappeler, plus généralement, une dimension moins bien connue de l’islam, l’importance du don. D’ailleurs, la zakât al mâl (aumône légale) que chaque croyant doit payer une fois par an pour ses ressources financières supérieures à 85 grammes d’or a une place particulièrement importante. Elle est le 3e des cinq piliers de l’islam, juste après la shahada et la prière quotidienne, et est citée dans plus de 80 versets coraniques qui rappellent l’obligation de s’en acquitter. « Soyez assidus à la prière, faites l’aumône, vous retrouverez auprès d’Allah le bien que vous aurez acquis à l’avance, pour vous-même » dit, par exemple, le verset 110 de la 2e sourate du Coran.

http://fr.zaman.com.tr

Le mois du ramadan : une opportunité pour le dialogue

NIHAT SARIER,

Le 22 juillet 2011 restera une date gravée dans notre mémoire.

Je voulais rendre hommage avant tout aux victimes norvégiennes de ce carnage perpétré par un déséquilibré. Le geste symbolique du Premier ministre norvégien visitant la mosquée pour présenter ses condoléances aux citoyens musulmans et le déplacement de l’imam à l’église montrent le degré de maturité démocratique et la solidarité des citoyens norvégiens. Nous sommes dans le mois du ramadan depuis le 1er août. Ce mois rime avec partage, générosité, spiritualité et dialogue. Nous sommes tous concernés : l’étudiant, le cadre, l’artisan, la mère au foyer, les séniors, et le mois de ramadan est une opportunité pour ce dialogue. Qu’aurions-nous à perdre si nous invitions notre voisin, notre collègue de travail, notre boulanger, notre garagiste, notre maire ou notre député à partager une rupture de jeûne et découvrir l’autre ? Le mois du ramadan doit être un tremplin pour le vivre-ensemble. Lire la suite…

Les musulmans d’Inde : Le Ramadhan des humbles parmi les humbles

Pour les musulmans d’Inde, le Ramadhan est l’occasion de se sentir moins démunis et moins seuls. Virée dans les quartiers habités par cette communauté minoritaire de la plus grande démocratie du monde.

New Delhi.
De notre correspondante

Pour bien s’imprégner de l’ambiance ramadanesque qui se respire dans la capitale indienne, rien de mieux que d’accomplir un pèlerinage vers deux endroits qui symbolisent l’Islam local par excellence. Durant le mois sacré, ces lieux exhalent des effluves de musc et de menthe et l’esprit du Ramadhan y est plus palpable que nul part ailleurs dans ce pays asiatique. Les artères grouillantes de visiteurs du vieux Delhi, zone de Chandni Chowk, vous transportent dans un voyage à travers le temps. La communauté musulmane indienne, très discrète en général, est plus visible en ce mois particulier, et on a l’impression que les hommes vêtus de qamis et de couvre-chef blancs et les femmes couvertes d’un niqab noir ou d’un voile coloré sont plus nombreux dans les rues, surtout en début de soirée, lorsque les fidèles se rendent dans les mosquées pour accomplir la prière des tarawih. Dans les ruelles étroites et toujours très fréquentées du vieux Delhi ou du quartier de Nizamuddine, point de voitures ou de taxis, seuls les rickshaws (touk-touk pour les Indiens), ces petits véhicules à trois roues caractéristiques de l’Asie, s’aventurent dans les couloirs exigus qui servent de bretelles urbaines.

On peut également opter pour un pousse-pousse, si on n’est pas trop attendri par la fatigue de ces forçats qui vous transportent par la force de leurs muscles en pédalant sur plusieurs kilomètres pour quelques centimes d’euros. En ce 21e jour du Ramadhan de l’an 1432 de l’Hégire, le marché Meena Bazar, qui s’étale comme un serpent gras et paresseux au pied du Jama Masjid, la grande mosquée de Delhi, offre tout ce que les échoppes des médinas arabes ou musulmanes proposent aux clients. Des tapis moelleux et colorés pour la prière, des chapelets multicolores, des foulards soyeux, des porte-khol et du henné pour les femmes coquettes, des chaussures et des habits pour les enfants que les mères musulmanes inspectent minutieusement avant d’en négocier le prix. La fête de l’Aïd El Fitr approche et il faut habiller les bambins de neuf. Plusieurs étals sont jonchés de nourriture prête à être consommée par les non-jeûneurs, surtout des fruits frais ou secs. Les dattes sont omniprésentes. En boîtes, dans des sachets, ou disposées en amas à ciel ouvert, qu’elles soient iraniennes, saoudiennes ou émiraties, toutes sont couvertes de  mouches et d’abeilles. Lire la suite…

La mosquée, pour prier et rompre le jeûne

  • Mohamed Loukili, secrétaire à la mosquée de Laval, dans la salle de prière.

    Mohamed Loukili, secrétaire à la mosquée de Laval, dans la salle de prière.

    Le ramadan est l’occasion pour de nombreux musulmans de se rassembler à la mosquée.

À la mosquée de Laval, située dans la zone industrielle des Touches, des dattes sont disposées sur quelques tables accueillant les fidèles lors de la rupture du jeûne, après la prière du soir. « La mosquée de Laval est la plus grande de l’Ouest. Elle compte 500 à 600 fidèles réguliers, explique Mohamed Loukili, secrétaire pour la mosquée. Elle peut accueillir jusqu’à 1 500 personnes, chiffre qu’on peut atteindre lors de grandes manifestations comme l’Aïd El-Fitr, fête de rupture du ramadan ou l’Aïd El-Kebir, appelé parfois la « fête du mouton. » D’ailleurs, la construction du bâtiment, commencée en 2001, a été rendue possible essentiellement par la participation des croyants.Dans le lieu saint, le calendrier, nécessaire pour accomplir le jeûne, est également affiché. Le mois du ramadan est le 9e mois du calendrier lunaire musulman. Les mois durent donc de 29 ou 30 jours suivant le cycle de la lune. Si la période du ramadan est la même pour tous, la durée du jeûne et de l’abstinence, en revanche, diffère d’une région à l’autre puisqu’elle est calculée en fonction de l’heure du lever et du coucher du soleil. Lire la suite…

La supérette halal profite du ramadan

16/08/2011 un commentaire

MATTHIEU PELLOLI

Ouverte il y a dix-huit mois en plein centre-ville de Nanterre, la supérette Hal’shop ne désemplit pas depuis le début du ramadan. Son fondateur a créé un deuxième supermarché à Paris.

Nanterre, la semaine dernière. Avec ses rayons régulièrement approvisionnés, la supérette Hal’shop attire de nombreux musulmans désireux, en cette période de ramadan, de rompre le jeûne avec des produits traditionnels. | (lp/M.P.)

En haut de la rue Maurice-Thorez, à proximité de la gare RER de Nanterre-Ville, c’est la bonne adresse que s’échangent les musulmans. Hal’shop, une supérette entièrement halal et haut de gamme, a ouvert ses portes il y a un an et demi. Toutefois, c’est en ce moment, pendant le ramadan, que le magasin enregistre des taux de fréquentation records.

« C’est notre plus gros mois de l’année, confirme un responsable. Culturellement, le ramadan est très suivi. Même ceux qui ne font pas attention à manger halal pendant l’année font l’effort à ce moment-là. » Lire la suite…

La communauté musulmane souligne le mois du ramadan

PAUL-ANDRÉ GILBERT

L imam Foudil Salmoune explique qu’une fois le soleil couché, les musulmans qui font le ramadan peuvent venir à la mosquée pour les soupers communautaires et assister à la prière spéciale de ce mois lunaire. Photo : Jean Laramée
Les musulmans de Brossard ont entrepris, le 1er août, le mois du ramadan. Encore plus qu’un mois de jeûne, ce mois se veut l’occasion de réfléchir sur la vie et d’aider les plus démunis, selon Foudil Salmoune, imam et administrateur du Centre communautaire islamique de la Rive-Sud. 

Le ramadan est le 9e mois du calendrier islamique. Pendant 29 ou 30 jours, selon la lune, les adultes musulmans s’abstiennent de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles entre le lever et le coucher du soleil. Les musulmans profitent de ce mois pour se rapprocher de Dieu par les prières et le bénévolat, ainsi qu’en faisant des dons à ceux qui en ont besoin.
Le plus grand centre islamiquePendant tout le mois que dure le ramadan, le Centre communautaire islamique de la Rive-Sud, situé sur le boul. Grande-Allée, redouble d’activité. Tous les soirs, un souper communautaire est organisé. En semaine, plus d’une centaine de personnes y assistent, tandis que la fin de semaine, ces soupers peuvent attirer plus de 200 personnes.

Après le repas, entre 22h10 et minuit, plus d’un millier de personnes participent à la prière spéciale du ramadan.

Selon l’imam Foudil Salmoune, la majorité des gens qui se rassemblent à la mosquée sont des Brossardois. M. Salmoune croit d’ailleurs que la communauté musulmane la plus importante de la Rive-Sud se trouve à Brossard, avec entre 5000 et 10 000 personnes. Cependant, une grande quantité de fidèles se déplace des villes avoisinantes pour participer à la prière. Lire la suite…

Les entreprises s’adaptent au ramadan

Pendant longtemps, le ramadan n’a pas fait partie des préoccupations des entreprises françaises. Mais avec une pratique et des demandes de plus en plus présentes de la part des salariés, les directions ont dû se saisir de la question, tout en garantissant la bonne gestion de leurs entreprises.

Bien que le principe de laïcité ne s’applique qu’au service public, certaines entreprises l’évoquent pour refuser les demandes des salariés faisant le ramadan. Ces demandes sont en général des aménagements d’horaires pour les métiers physiques, en extérieur ou pour finir une heure plus tôt étant donné que la pause-déjeuner n’est pas prise. Pour pouvoir rompre le jeûne, Brahim, employé dans une société d’exportation, demande à partir plus tôt quand le ramadan tombe en hiver, ce à quoi sa direction a toujours répondu favorablement. D’autres au contraire ne demandent pas d’aménagements, soit parce que le principe du ramadan est justement l’apprentissage de la maîtrise de soi et de la patience, soit par discrétion. Mohamed, employé dans une société de transit maritime et aérien, est dans ce dernier cas. Il n’éprouve pas vraiment le besoin de modifier son emploi du temps et ne veut pas s’imposer. Il est pourtant convaincu que sa direction serait ouverte à ce genre de demandes. Les blocages dans son entreprise viendraient plutôt de certains employés qui montrent leurs collègues musulmans du doigt pour leurs pratiques. Lire la suite…

Un ramadan de privation ou de surconsommation ?

FOUAD BAHRI, PARIS

La pratique de l’iftar qui rompt chaque jour le ramadan est souvent l’occasion de repas gargantuesques tranchant avec la modération consommatoire de ce mois sacré. Un décallage attribué par le théologien Ahmed Jaballah à la confusion entre « la recommandation islamique de se rassembler en famille » et « les excès liés aux habitudes culturelles. »

Le ramadan, mois de jeûne et quatrième pilier de l’islam, est-il encore celui de l’ascèse et de la privation ? Pas si sûr. Face aux excès de consommation des musulmans, encouragés à grand renfort de marketing par une grande distribution vorace, la question peut légitimement se poser. Et beaucoup se la pose. « Le ramadan est visiblement et statistiquement le mois de consommation par excellence. Ne voyez-vous pas là une dérive et un paradoxe ? » s’interroge une internaute sur le forum Yabiladi.com. De fait, le constat s’impose. Quand vient l’heure de l’iftar (rupture du jeûne), il n’est pas rare de voir des tables somptueuses, garnies de buffets succulents où la harira ou la chorba le disputent au tajine, à l’entrée et au banal plat de résistance, sans oublier bien sûr, la saveur exquise des qalb ou leuzz,makrout ou zlabia (pâtisseries arabes) arrosés d’un bon café. Ce type de banquet où cinq personnes mangent pour dix tranche assurément avec l’ambiance austère et spirituelle véhiculée par le jeûne sacré.

La méconnaissance du ramadan

C’est bien l’avis de Tahar Mahdi, théologien et juriste en droit musulman, enseignant à l’Institut international de la pensée islamique (IIIT) qui remarque une « perte totale des finalités voulues par le jeûne du fait qu’on a fait de ce mois béni une occasion d’implication matérielle, voire matérialiste. Ce qui favorise la surconsommation qui n’est autre chose que l’abandon de l’enseignement prophétique à ressentir la faim et la soif, pour devenir solidaire de tous les affamés du monde. » Une opinion partagée par Ahmed Jaballah, théologien musulman et directeur de l’Institut européen des sciences humaines (IESH), qui voit dans cette pratique consumériste l’effet d’une méprise. « Il y a certainement des excès constatés dans les pratiques alimentaires des musulmans pendant le ramadan. Lire la suite…

Le ramadan dure plus longtemps dans la plus haute tour du monde

Les occupants de la plus haute tour du monde ont certes une vue imprenable sur Dubaï, mais doivent également observer un jeûne plus long à l’occasion du ramadan… à cause de la hauteur.

Les habitants de la Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde construite à Dubaï (828 mètres), observent un ramadan plus long que ceux qui habitent sur la terre ferme. En effet, ils doivent respecter un jeûne de deux minutes de plus en raison de la hauteur de la tour, qui fait que lesoleil reste visible plus longtemps que sur le plancher des vaches !

« Burj Khalifa fait presque un kilomètre de haut, ce qui signifie que les gens dans les étages les plus élevés peuvent encore voir le soleil alors qu’il s’est déjà couché pour ceux qui sont en bas », a expliqué à Reuters Ahmed Abdoul Aziz al Haddad, le mufti de Dubaï qui édicte les règles de la pratique religieuse dans l’émirat.« Ainsi, ils ne peuvent rompre le jeûne comme le reste de la ville, il y a une différence de deux minutes ».

Le mufti de Dubaï a également rappelé l’histoire vieille de plusieurs centaines d’années, lorsqu’un dignitaire musulman s’était vu poser la question d’un ramadan plus long pour ceux qui travaillaient au phare d’Alexandrie, situé à 135 mètres de hauteur :  »Sa réponse a été qu’ils ne pouvaient rompre le jeûne que lorsqu’ils constataient par eux-mêmes que le soleil s’était couché ».

http://www.gentside.com

Le ramadan dope les ventes de produits halal

Viande halal dans un magasin de Nanterre.

Viande halal dans un magasin de Nanterre. M. MEDINA / AFP

ECONOMIE – Durant le ramadan, les ventes de produits halal sont multipliées par deux. Des perspectives qui aiguisent les appétits des industriels et des distributeurs…

Le ramadan, qui a commencé lundi en France, représente un enjeu économique de taille. Sur les cinq millions de musulmans présents en France, 71% d’entre eux, selon un sondage Ifop pour La Croix, comptent jeûner du lever au coucher du soleil. Pour compenser les privations de la journée, la nuit est marquée par la consommation d’une profusion de denrées.

«On note une forte consommation de produits comme les sodas, les feuilles de brique, les dattes, la semoule. Mais la demande est aussi très élevée pour les produits halal», analyse Abbas Bendali, directeur du cabinet marketing Solis.

Un marché de 5,5 milliards d’euros

Une aubaine pour les industriels et les distributeurs. En effet, le marché du halal pèse plus que le bio. Il a représenté 5,5 milliards d’euros l’an dernier et devrait enregistrer de nouveau une croissance à deux chiffres en 2011. «Le chiffre d’affaires généré à l’occasion du ramadan devrait avoisiner les 400 millions d’euros. Durant, cette période, qui dure 29 jours, les ventes sont multipliées par deux par rapport aux autres mois de l’année», poursuit Abbas Bendali.

Et l’essentiel du marché est accaparé par les petits commerces de quartiers et les supérettes. Ces derniers vendent principalement de la viande, même s’ils se mettent à diversifier leur offre avec de la charcuterie et des plats cuisinés à l’instar du hachis parmentier halal. Lire la suite…