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Vivre pleinement le Ramadan au centre Avicenne

 

C'est la prière de l'Icha, la dernière de la journée, qui rassemble le plus de fidèles.

C’est la prière de l’Icha, la dernière de la journée, qui rassemble le plus de fidèles.

Depuis le 1er août, la communauté musulmane de Rennes observe le Ramadan. Un mois de jeûne et de prières sous le signe de la fraternité.

Il est 21 h. Le centre culturel islamique Avicenne de Villejean, inauguré en 2006, est encore calme. L’heure officielle du coucher du soleil, en ce vendredi 19 août, est fixée à 21 h 15. Les fidèles commencent à franchir les portes du sanctuaire, après avoir pris soin d’ôter leurs chaussures.

À l’heure dite, le signal du repas retentit. Juste le temps d’engloutir quelques dattes, et un peu de thé à la menthe, que tout le monde se rend dans la mosquée pour la prière du Maghreb. Pendant quelques minutes, les fidèles se recueillent, le regard tourné vers la Mecque, avant de se remettre à table pour un repas bien mérité.

Un mois de partage et de solidarité

Le repas de rupture de jeûne est offert à tous par le centre Avicenne, grâce aux dons des fidèles. « Le mois de Ramadan est synonyme de partage et de solidarité, indique Bouazza Talibi, trésorier du centre culturel islamique Avicenne. C’est pourquoi notre association a décidé de préparer un grand repas tous les soirs. Tout le monde est le bienvenu, même les non musulmans. »

Le menu est riche et alléchant. Trois cuisinières spécialisées dans la cuisine traditionnelle travaillent tout l’après-midi à sa réalisation. Les dattes ingurgitées en début de repas permettent d’apporter au corps affaibli les premiers besoins en énergie. Elles s’accompagnent de thé à la menthe, pour la réhydratation. En plus des crêpes fourrées aux tomates, aux oignons et aux épices, le festin se poursuit par une soupe marocaine, puis un tajine d’agneaux aux pruneaux.

Les générations se retrouvent dans la foi

« Tous les jours, en comptant les quelques femmes qui se déplacent, environ 120 personnes viennent rompre le jeûne ici, explique Bouazza Talibi. En ce moment, nous nourrissons également une quarantaine de demandeurs d’asile somaliens, totalement démunis. Ça demande beaucoup d’énergie et de logistique. »

Autour des immenses tables dressées pour l’occasion, les jeunes se mêlent aux anciens. La plupart des gens ne se connaissent pas, ils viennent avant tout pour des raisons de commodité. « Je suis célibataire et je finis le boulot vers 21 h 30 le soir, explique Martin, la vingtaine, un habitué des lieux. Pour ne pas perdre de temps, je viens directement ici avant la dernière prière du soir. En plus, l’ambiance est sympa. On se croise dans la prière, on se parle. »

Tous les ans, la date du Ramadan, calculée selon le calendrier lunaire musulman, se décale de 11-12 jours. Cette année, il intervient en plein mois d’août. Les fidèles sont moins nombreux. Interrogés sur la difficulté d’observer le jeûne l’été, avec la chaleur et les journées à rallonge, ils relativisent. « Je ne trouve pas ça particulièrement difficile, à part les premiers jours où il faut prendre le rythme, répond Martin. Et pour les plus faibles, ou ceux qui voyagent pendant les vacances, il est possible de reporter le jeûne, de s’adapter. »

Une fois le repas expédié, en une dizaine de minutes, tout le monde se retrouve pour la prière de l’Icha, la dernière de la journée. C’est à ce moment-là, vers 22 h 30, que la mosquée est la plus bondée. Environ 200 personnes sont massées dans la salle.

À la fin de la cérémonie, certains reprennent le cours de leur vie pendant que d’autres discutent devant le centre. Ils se retrouveront au cours d’une nuit de prières, vendredi soir, pour Laylat al-Qadr (la nuit du destin ou de la valeur).

Guillaume HUAULT-DUPUY

http://www.ouest-france.fr

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